Tapie: La gauche s'en mêle
Publié le 18 juillet 2008 à 17h47 par
Le jugement en faveur de Bernard Tapie dans l'affaire Adidas n'en finit plus de susciter des réactions dans la classe politique. Après François Bayrou jeudi, le Parti socialiste a fait part vendredi de son indignation face aux 285 millions d'euros que l'ancien ministre de la Ville devrait recevoir. Le groupe PS à l'Assemblée a annoncé son intention de créer une commission d'enquête.

Didier Migaud souhaite la mise en place d'une commission d'enquête sur l'affaire Tapie. (Reuters)
Quand l'affaire Adidas devient l'affaire Tapie. Depuis la décision du tribunal arbitral de trancher le litige sur la cession de la marque au trois bandes en faveur de Bernard Tapie, lui octroyant la bagatelle de 245 millions d'euros, plus les intérêts, l'ancien homme d'affaires est au centre d'un tourbillon médiatico-politique. Jeudi, François Bayrou avait dégainé le premier en s'interrogeant sur d'éventuelles "protections au plus haut niveau" dont aurait bénéficié l'ancien ministre de la Ville. "Chaque fois que Nicolas Sarkozy a été soit au ministère des Finances, soit à la présidence de la République, comme par hasard des protections se sont déclenchées à l'endroit de Bernard Tapie", avait déclaré le président du Modem sur RTL.
Vendredi, la gauche a embrayé. Le groupe socialiste à l'Assemblée nationale a ainsi annoncé son intention de déposer une résolution réclamant la création d'une commission d'enquête sur l'affaire Adidas. Selon le Nouvel observateur, des auditions de plusieurs protagonistes de l'affaire devraient être organisées par Didier Migaud, le président socialiste de la commission des Finances, avant la rentrée. "Au terme de ces auditions, en fonction de ce qu'elles donneront, il y aura une proposition de résolution qui pourra donner naissance à une commission d'enquête", a annoncé le PS.
Ayrault: "c'est le contribuable qui va payer"
L'objectif, selon Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste à l'Assemblée, est "d'aller jusqu'au bout de la vérité. (...) Aujourd'hui que l'argent public est rare, si on doit le verser comme ça, dans des conditions obscures, nous souhaitons avant toute décision définitive y voir clair". Pour le député-maire de Nantes, interrogé par France Info, "on a l'impression que, derrière, l'Etat est à la manoeuvre et on sait très bien que sur un dossier important, compte tenu de l'histoire du Crédit Lyonnais, c'est le contribuable qui va payer."
Malgré la volonté socialiste, Bernard Tapie ne devrait pas trembler au sujet des dizaines de millions d'euros qu'il devrait toucher au final. D'abord parce que si commission d'enquête socialiste il y a, celle-ci doit être adoptée par l'Assemblée en séance plénière. Donc pas avant l'automne et l'ouverture de la prochaine session ordinaire. Ensuite, parce que sur le fond de l'affaire, Bernard Tapie a toujours fait preuve d'une grande sérénité. L'ancien homme d'affaire avait lui-même appelé de ses voeux une commission d'enquête. Pour le dédouaner définitivement.
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