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Taxis: MAM repeint Attali

Publié le 28 mai 2008 à 8h56 par

Michèle Alliot-Marie a repris la main sur le dossier des taxis. Après la colère née du rapport Attali visant à dérèglementer la profession, la ministre de l'Intérieur annonce ce mercredi son plan pour moderniser la profession. Des mesures acceptées dans les grandes largeurs par les syndicats. Mais la hausse ininterrompue du pétrole pourrait bien avoir raison de ces bonnes intentions.

Michèle Alliot-Marie persiste à penser qu'une hausse du nombre de taxis est nécessaire. - Reuters
Michèle Alliot-Marie persiste à penser qu'une hausse du nombre de taxis est nécessaire. (Reuters)


Au revoir rapport Attali, bonjour plan Alliot-Marie. Début février, les taxis français entraient en grève devant les propositions de déréglementation de leur profession. Le gouvernement était alors obligé de faire machine arrière et de laisser tomber les propositions du rapport Attali. Ce mercredi, Michèle Alliot-Marie rend public son plan, dont Le Parisien s'est procuré le contenu. La ministre de l'Intérieur s'est fixé trois objectifs: augmenter le nombre de taxis en Ile-de-France, lutter contre les chauffeurs clandestins et permettre une meilleure circulation.

"Ce protocole va dans le bon sens. Il rénove la profession. C'est surtout une manière de dire adieu au rapport Attali." Depuis La Rochelle, où les taxis tiennent congrès, Alain Estival, président de la Fédération nationale des artisans taxis (Fnat), ne cache pas sa satisfaction. A la pointe de la contestation il y a quelques mois, l'homme est apaisé, rassuré par les mesures annoncées par Alliot-Marie. La première d'entre elles, ardemment souhaitée par la profession: l'ouverture d'une voie dédiée aux taxis entre Paris et l'aéroport de Roissy, qui sera testée pendant un an à partir de 2009. "Parallèlement, nous allons aussi expérimenter un tarif forfaitaire fixe entre l'aéroport de Roissy et la capitale. Nous ferons ensuite un bilan pour en évaluer l'impact", précise MAM dans un entretien au Parisien. Qui poursuit en affirmant que si ce cadeau a été consenti aux taxis, "l'accord doit être gagnant-gagnant".



Autrement dit, les taxis vont eux aussi devoir faire des concessions pour "améliorer le service rendu aux clients". Les deux parties sont tombées d'accord pour permettre une meilleure visibilité des voitures. Celles-ci seront désormais bicolores "pour être plus rapidement plus repérables. Leurs couleurs seront unifiées ville par ville", explique la ministre, qui souhaite également que "le montant de la course soit plus transparent", et pour cela, "les taximètres seront automatisés et simplifiés, une facture sera éditée automatiquement." Des aménagements qui auront inévitablement un coût. "Il en coûtera environ 1000 à 1500 euros aux chauffeurs mais cet investissement sera amorti sur plusieurs années", confirme Alain Estival.

MAM n'a pas non plus oublié de s'attaquer à l'un des fléaux de la profession. L'affaire du chauffeur clandestin meurtrier, Bruno Cholet, ou du meurtre de la jeune Suédoise Sussanna par un faux taxi ont mis en lumière ce problème de la clandestinité, qui "n'est pas un phénomène nouveau ni marginal", explique la ministre. "J'ai décidé de m'y attaquer. Nous venons d'ailleurs de mener deux opérations de contrôle. Sur une cinquantaine de taxis contrôlés, six étaient clandestins". L'ancienne ministre de la Défense annonce également sa volonté de renforcer en nombre la brigade chargée de surveiller les taxis et "de leur donner des moyens techniques supplémentaires. Leur rayon d'action va aussi être élargi au-delà de Paris intra-muros."

Si le rapport Attali semble passé aux oubliettes, sa mesure principale, elle, reste plus que jamais d'actualité. Interrogée sur une hausse du nombre de taxis, jugée nécessaire par l'ancien conseiller spécial de François Mitterrand, Alliot-Marie n'esquive pas: "Oui, car le besoin existe (...) Le nombre de taxis à Paris n'a pas évolué depuis des décennies. Ils sont 15 000. L'objectif c'est d'arriver à 20 000 dans trois ans, avec 1200 nouveaux dès la fin de cette année". Et comme Attali, MAM a sa petite idée sur les moyens à utiliser pour y parvenir: créer des licences supplémentaires. Cette annonce devrait refroidir les taxis, qui craignent qu'une augmentation du nombre de licence fasse baisser leur valeur, estimée en moyenne aujourd'hui à 150 000 euros, et qui constitue pour beaucoup leur principal capital retraite. Associé à l'impuissance du gouvernement à les aider à lutter contre la hausse de l'essence, ce point particulier du plan pourrait bien amener les chauffeurs à rejoindre leurs collègues du transport en cas de grève massive. Un retour à la case départ, donc.


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