Touche pas à ma clope!
Publié le 21 novembre 2007 à 21h32 par
Pas contents les buralistes. Et pour le faire savoir, ils ont défilé par milliers (6 000 selon la police, 20 000 selon les organisateurs) à Paris pour demander une adaptation de la loi sur l'interdiction de fumer dans les lieux publics. Roselyne Bachelot a annoncé dans l'après-midi quelques "aménagements". La ministre de la santé n'a pas convaincu la profession.

Les buralistes ne veulent pas de la loi anti tabac. (Maxppp)
"Buralistes en colère" ont-ils affiché sur leurs banderoles, à quelques semaines de l'application de la loi anti-tabac aux lieux de convivialité, débits de tabac en tête. Les buralistes ont ainsi marché au son des sifflets et de la musique depuis la gare Montparnasse jusqu'à l'Assemblée nationale. "Si on interdit de fumer dans les bistrots, ils fermeront leurs portes l'un après l'autre" a affirmé René Le Pape, président de la fédération des débitants de tabac. Selon lui, la généralisation de l'interdiction de fumer entraînera "une perte de chiffre d'affaires de 30%, et ça on ne peut pas l'accepter". Le décret est "inapplicable pour la plupart" des établissements et il faut "ouvrir des discussions" a-t-il souligné.
La colère est d'autant plus forte que les buralistes se souviennent que lors de sa campagne électorale, Nicolas Sarkozy avait reconnu qu'une "concertation avec les professionnels" serait certainement nécessaire avant que la loi n'entre en vigueur le 1er janvier 2008. Roselyne Bachelot ministre de la santé a bien tenté de calmer le mouvement en annonçant dans l'après-midi avoir "travaillé à des aménagements", les buralistes restent plus que sceptiques. "C'est la seule chose qu'elle a lâché mais ce n'est pas suffisant. Les buralistes qui sont montés de toute la France vont tous rire, c'est honteux", a déclaré René Le Pape sur RTL.
Fumer sur la terrasse
La ministre de la santé a notamment évoqué la possibilité de pouvoir fumer sur les terrasses ouvertes sur le côté. Une proposition qui ne satisfait pas la profession. René Le Pape préfère insister sur un autre point: la création d'espaces avec extracteurs d'air qui s'avèrent moins contraignants que fumoirs strictement encadrés prévus dans le décret. "On est prêts à investir, on a en testé", a confirmé Dominique Lemaire, président des buralistes de Haute-Vienne. Interrogé sur le coût d'un tel équipement, il a reconnu que "tout le monde ne pourra pas le faire, mais ceux qui le pourront, ce sera déjà ça de sauvé".
Les buralistes demandent également à ce que les petits établissements des zones rurales puissent choisir d'êtres fumeurs ou non. Exerçant dans un département "où il y a beaucoup de petits débits ruraux dans des petits villages", Dominique Lemaire ne "voit pas", pour sa part, comment il va être possible d'interdire "au petit pépé de venir fumer sa cigarette avec son petit canon". "On demande surtout des aménagements pour aider les petits commerces ruraux qui n'ont parfois même pas un Smic pour vivre", a-t-il plaidé. "Il est quand même aberrant de pouvoir vendre un produit et qu'on n'ait pas le droit de le consommer sur place", a-t-il déploré. "Dans ce cas, qu'on nous interdise carrément le tabac et qu'on nous rachète nos affaires!".
Des propriétaires de bars à narguilés - menacés de fermeture par le décret - ont également participé à la manifestation parisienne. Les bars à chichas connaissent un bel effet de mode tant en France que dans les autres pays d'Europe. On y fume, à l'aide d'une pipe à eau, des tabacs parfumés à la pomme ou au miel. Quelques centaines de buralistes qui n'avaient pu venir à Paris, faute de grèves des train, ont manifesté à Bordeaux et Angoulême.
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