Un frein à la maladie d'Alzheimer
Publié le 31 juillet 2008 à 12h45 par
Lors de la conférence internationale sur la maladie d'Alzheimer mercredi à Chicago, des chercheurs britanniques ont déclaré avoir trouvé un médicament qui permettrait de ralentir la dégénérescence cérébrale. Testé sur 321 patients, le traitement n'est qu'à un stade expérimental. Mais si rien ne permet d'affirmer son efficacité à grande échelle, les résultats sont les plus "positifs" depuis la découverte de la maladie.

La conférence internationale sur la maladie d'Alzheimer s'est tenue mercredi à Chicago. (Maxppp)
Un médicament "miracle" contre la maladie d'Alzheimer? C'est ce qu'espèrent avoir découvert des chercheurs britanniques, qui ont déclaré mercredi, lors d'une conférence internationale sur la maladie d'Alzheimer à Chicago, avoir trouvé un traitement permettant, au moins, de ralentir l'apparition des symptômes. Un essai clinique du médicament baptisé "Rember" a été fait sur 321 patients aux stades précoce et moyen de la maladie, en Grande-Bretagne et à Singapour, certains ayant bénéficié du traitement et d'autres d'un placebo. Au bout de dix-neuf mois, les résultats sont flagrants: les patients ayant pris le traitement ont vu la dégradation de leurs fonctions neurologiques diminuer de 81 de leurs fonctions cérébrales", selon Claude Wischik, responsable du laboratoire pharmaceutique ayant mis au point le médicament.
Désormais, un véritable barrage peut faire face au déclin des capacités mentales, et là est l'innovation. Les recherches sur cette affection dégénérative du cerveau sont nombreuses, et chaque essai suscite beaucoup d'espoir pour les familles de malades, alors que les résultats s'avèrent rarement concluants. Cette fois, l'étude s'est centrée sur les protéines dites "TAU", qui forment un amas dans les cellules du cerveau avant de les détruire. Et c'est ce qui provoque alors des troubles de la mémoire, symptôme caractéristique de la maladie. Le traitement cherche justement à empêcher les accumulations dans les neurones, en inhibant ces protéines. Et selon le professeur Wischik, des scanners du cerveau chez certains des patients ont montré que le médicament était actif dans les zones les plus affectées par les amas de protéines tau.
Prudence
Reste encore à prouver l'efficacité du médicament sur les milliers de patients atteints aujourd'hui par la maladie. En effet, le professeur Bruno Dubois, chef du service neurologique à l'hôpital Pitié-Salpêtrière, confiait jeudi au Figaro qu' "il vaut mieux être prudent", avant d'ajouter: "Nous avons déjà vu des médicaments apparemment prometteurs lors d'essais de phase 2 et qui ne montraient aucune efficacité lors des études à plus large échelle". Claude Wischik précise d'ailleurs que le traitement n'est qu'au stade expérimental, "les données sont prometteuses mais pas encore probantes". Il souligne également que d'autres essais cliniques de plus grande ampleur seront nécessaires, ainsi que plusieurs années de recherches. De son côté, Marcelle Morrison-Bogorad, directrice de la recherche sur la maladie d'Alzheimer à l'Institut américain du vieillissement qui a financé les premières recherches sur la question, avance qu'il s'agit des "premiers résultats positifs".
Même si elle touche des personnes de plus en plus jeunes, la maladie apparaît dans la majorité des cas après 65 ans, entraînant une perte progressive et irréversible de la mémoire et de la parole. A ce jour, plus de 26 millions de personnes sont touchées dans le monde (860 000 en France) et selon une analyse récente de chercheurs américains, ce nombre devrait quadrupler d'ici à 2050 avec l'augmentation de l'espérance de vie.
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