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Un moine et une Première dame

Publié le 22 août 2008 à 13h25 par Claire ANGOT

Pas de Nicolas Sarkozy pour accueillir le 14e dalaï-lama vendredi à Roqueredonde, dans l'Hérault, mais sa femme, Carla Bruni-Sarkozy, flanquée de Bernard Kouchner et de Rama Yade. La visite du leader spirituel et politique des Tibétains, qui doit quitter la France samedi à l'issue d'une visite de 15 jours en France, a suscité une polémique que Paris semble vouloir apaiser.

Le dalaï-lama et Carla Bruni-Sarkozy vendredi matin au temple Lerab Ling de Roqueredonde. - Reuters
Le dalaï-lama et Carla Bruni-Sarkozy vendredi matin au temple Lerab Ling de Roqueredonde. (Reuters)


Habituellement reçu par les chefs d'État, à son arrivée en France le 11 août, le dalaï-lama n'a pas eu d'accueil officiel, et a été convié dans un simple bureau du Sénat, à huis-clos, par un groupe de parlementaires. Il n'a pas été reçu par le président de la République, qui avait expliqué depuis quelques semaines auparavant qu'il ne s'entretiendrait pas avec le chef spirituel tibétain, car ce dernier n'avait pas souhaité un tel rendez-vous au moment des Jeux olympiques en Chine, un moment qu'il jugeait peu opportun. C'est alors à la Première dame de France qu'a été confié la mission de le rencontrer.

La présence de son épouse à la cérémonie de vendredi a été interprétée comme une tentative de l'Elysée de calmer les esprits. Le Parti socialiste a ainsi dénoncé dans un communiqué une "opération de communication dérisoire" et "une grave dérive dans la peopolisation de la vie politique". Reporters sans frontières a déploré pour sa part une "mascarade". "C'est insupportable. Mme Sarkozy n'a rien à faire dans cette histoire là !", a commenté Robert Ménard, secrétaire général de RSF, lors d'une conférence de presse vendredi matin.

Embarras et discrétion


Seuls quelques dizaines d'adeptes ont pu assister à la cérémonie à l'intérieur du bâtiment. Assis sur l'herbe sous des parapluies orange, des centaines d'autres se sont massés devant des écrans géants installés à l'extérieur du site décoré de drapeaux multicolores, au bord d'un lac où siège la statue dorée d'un Bouddha assis. Parmi les personnalités présentes, on pouvait reconnaître l'ancien Premier ministre Alain Juppé, l'ancien mannequin Inès de la Fressange et le chanteur et peintre Charlélie Couture.

Accompagné de Carla-Bruni Sarkozy en robe bleu marine, le dalaï-lama a pris la tête d'une procession de moines vêtus de robes orange et rouge chantant et soufflant dans de longues trompettes. Arrivé à la porte du temple, il a offert à la première dame de France une khata, longue écharpe blanche, en signe de bienvenue. Après la cérémonie d'inauguration, elle s'est entretenu avec lui à huis clos avant de quitter le site sans faire aucune déclaration. Discrétion également pour le reste de la délégation, embarrassé par les propos accusateurs du dalaï-lama à l'égard de la Chine. Le ministre des Affaires étrangères et la secrétaire d'État aux droits de l'homme, qui ont discuté avec le chef spirituel tibétain pendant deux heures environ, ont fait peu de commentaires. Bernard Kouchner s'est contenté de rappeler que le dalaï-lama serait toujours le bienvenu en France.

D'après Matthieu Ricard, porte-parole du dalaï-lama, le chef spirituel tibétain a fait part à ses interlocuteurs de sa préoccupation sur la situation au Tibet, envahi par la Chine en 1949 et où des violences ont eu lieu au printemps dernier. "Sa Sainteté a exprimé qu'il était concerné par la situation qui règne actuellement au Tibet, notamment le fait qu'en parallèle aux Jeux olympiques, il y a une répression extrêmement brutale qui continue à régner donc la trêve olympique, c'est un peu une histoire", a-t-il dit.

Dans un entretien accordé au Monde, le dalaï-lama était déjà revenu sur la répression chinoise en cours au Tibet. Il a notamment évoqué des violences chinoises le 18 août dernier, dans la ville de Kham, qui auraient fait 140 victimes, avant de revenir rapidement sur ses propos. Son bureau déclarait ainsi que le chef spirituel n'avait donné aucun bilan humain des victimes de cette répression.

Le dalaï-lama doit quitter la France demain. Une rencontre entre Nicolas Sarkozy et le chef spirituel et temporel du bouddhisme pourrait avoir lieu d'ici à la fin de l'année à l'occasion d'un colloque des prix Nobel de la paix le 10 décembre prochain.

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Commentaires (1)

Lagitateur | il y a 5 mois Signaler un abus Signaler un abus

Qui l'aurait cru il y a 20 ans.....hein ? pas moi !

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