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Varces: Tué par "contrat"?

Publié le 29 septembre 2008 à 21h47 par Claire ANGOT

L'enquête sur l'assassinat par balles d'un détenu de la prison de Varces-Grenoble (Isère), dimanche dernier, a progressé. La police française suit la piste d'un "contrat" qui aurait été confié à un tueur à gages par des criminels appartenant au banditisme local. De mémoire de policier, jamais un tel règlement de compte ne s'était produit dans une prison. Rachida Dati a promis des mesures.

Le suspect, peut-être un tueur à gages, aurait exécuté sa victime depuis une colline. - Maxppp
Le suspect, peut-être un tueur à gages, aurait exécuté sa victime depuis une colline. (Maxppp)

L'assassinat d'un détenu de la prison de Varces-Grenoble survenu dimanche pourrait être lié à une série de meurtres dans le milieu du banditisme local. L'homme, atteint par un tir de fusil à lunette alors qu'il se trouvait dans la cour de promenade s'appellait Sghaïr Lamiri. Il purgeait une peine pour huit ans de prison pour vols en bande organisée, et devait sortir de prison en 2013. Il devait justement être prochainement entendu dans une affaire d'assassinat. Son frère a été tué en 2003, et des suspects de ce crime ont été acquittés en 2007. La décision a alors marqué le point de départ d'une série de crimes dans ce qu'on appelle le "milieu" grenoblois.

Le fait d'un tueur à gage?

Peu après les tirs, un suspect, Marcel Egéa, 58 ans, avait été arrêté dimanche par la police. Il a avait été interpellé à l'extérieur de la maison d'arrêt sur une moto portant de fausse plaques et en possession d'un fusil à lunette encore chaud. Condamné en 1978 à vingt ans de réclusion pour une attaque à main armée datant de 1974, puis libéré à la fin des années 80, il n'était plus connu de la justice depuis que pour des petits délits.

Les policiers pensent qu'il aurait pu être membre du "milieu" grenoblois dans les années 70. Ils travaillent sur l'hypothèse d'un "contrat" rémunéré qui lui aurait été confié. Toujours en garde à vue, le suspect nie les faits et assure être venu sur les lieux pour une promenade champêtre. Les premiers éléments montrent qu'il a atteint sa victime à une distance de 200 à 300 mètres en tirant à cinq reprises d'une colline surplombant la prison.

Prisons vétustes et montée du banditisme

Après les faits, les syndicats de gardiens ont dénoncé la "négligence" de l'administration pénitentiaire qui, selon eux, n'a pas répondu à leurs avertissements sur les risques présentés par la configuration de la prison de Varces. La ministre de la Justice, Rachida Dati, qui s'est rendue sur place dimanche soir, a annoncé une étude pour d'éventuels travaux d'élévation des miradors et des murs d'enceinte. Elle a promis la mise en place de grillages de protection pour éviter les échanges de drogue, de téléphones portables et autres objets par dessus les murs d'enceinte, une pratique apparemment courante. La garde des Sceaux a également déclaré envisager d'équiper la prison de "brouilleurs" de communication par téléphone portable, d'un réseau de vidéosurveillance, et a annoncé un renforcement des patrouilles de gendarmerie.

Les prisons françaises connaissent une série noire. Il y a deux semaines, la maison d'arrêt de Rouen, en Seine-Maritime, déplorait déjà le meurtre en cellule d'un jeune homme de 20 ans, égorgé par son codétenu, un déséquilibré. Par ailleurs, Grenoble semble pâtir de l'émergence d'une violence inconnue depuis quelques années. Depuis 2006, elle a été secouée par des règlements de compte meurtriers entre trafiquants de drogue.


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