Vendée: L'heure des aveux
Publié le 03 juin 2008 à 18h50 par
L'ancien concubin de la mère d'Antoine, ce garçon retrouvé inanimé vendredi sur le lac d'Apremont, en Vendée, est passé aux aveux. Selon le procureur de la République de la Roche-sur-Yon, l'homme a raconté aux enquêteurs comment il avait tué la mère de l'enfant avant de tenter de le noyer. Antoine, qui a été recueilli par son grand-père, n'aurait pas assisté au meurtre.

Le grand-père du petit Antoine a raconté à la presse le calvaire vécu par l'enfant. (Maxppp)
Il aura fallu attendre plus de 48 heures. L'ancien concubin de la mère d'Antoine est finalement passé aux aveux mardi. Le procureur de la République de la Roche-sur-Yon, Pierre Sennes, l'a confirmé en fin d'après-midi. Des premières rumeurs d'aveux avaient circulé dans la presse lundi, rapidement démenties par le chef d'escadron Bertrand Depierre, chargé de communication à la région de gendarmerie des Pays de la Loire. Mais depuis le début, la piste de la culpabilité du jeune ferrailleur, issu de la communauté des gens du voyage, se confirme d'heure en heure.
Selon le procureur, Cédric Hornec, qui était séparé de la mère d'Antoine depuis une quinzaine de jours après deux années de vie commune, a raconté comment il avait tué la jeune femme, lui portant des "coups violents" au visage avant de l'étouffer. A l'origine du drame, selon le suspect, une "infidélité" de la jeune femme.
Il a ensuite avoué avoir emmené de force le jeune garçon de huit ans, qui était alors dans sa chambre. Après avoir roulé toute la nuit, il l'a jeté au petit matin dans le lac d'Apremont. Il a alors "tenu avec le bras sa tête sous l'eau jusqu'à ce qu'il ne bouge plus", a précisé le procureur. C'est là qu'un passant avait retrouvé l'enfant inanimé vendredi matin, les poumons remplis aux trois-quarts d'eau.
Deux informations judiciaires - pour homicide volontaire sur la jeune femme et pour tentative d'assassinat sur l'enfant – ont été ouvertes mardi. Il a été mis en examen dans la soirée et écroué. L'amie qui l'a recueilli la nuit des faits à son domicile de Saint-Hilaire-de-Riez devait, pour sa part, être mise en examen pour "recel de malfaiteur", car elle était au courant de ses agissements et ne les a pas dénoncés à la gendarmerie.
Très vite, les soupçons des enquêteurs s'étaient sont dirigés vers l'ancien concubin. A son réveil, Antoine l'a clairement désigné comme son agresseur. L'enfant, qui est depuis sorti de l'hôpital, a raconté à son grand-père ce tragique événement. Ce dernier, maire du Bois-de-Céné, le village où habitait l'enfant avec sa mère, a rapporté ces propos à la presse mardi."Il m'a dit qu'il a voulu se raccrocher au bord et que Cédric l'a repoussé à l'eau une deuxième fois", a raconté Michel Deriez. Selon lui, Antoine n'a pas assisté au meurtre de sa mère. "Il a entendu du bruit mais il n'a pas vu sa mère", a-t-il déclaré.
Le grand-père a décrit Cédric comme quelqu'un de "franc, carré, courageux, travailleur". Pour lui, "ce genre de réaction n'était pas imaginable". Il a même raconté que la séparation s'était bien passée, tout en reconnaissant que Cédric s'était déjà montré "impulsif et jaloux". En revanche, l'homme a toujours été gentil avec l'enfant. "Il ne l'a jamais battu ou giflé. Il s'en occupait", a expliqué le grand-père, faisant part de sa "totale incompréhension".
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