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Villiers: Les politiques s'en mêlent

Publié le 27 novembre 2007 à 22h06 par

Alors que le spectre des émeutes de 2005 réapparaît, les appels au calme se multiplient. Les responsables politiques lancent ou relancent les débats autour des moyens mis en oeuvre en banlieue. L'opposition réclame le retour de la police de proximité, ce que refuse la droite. Sur place, la présence a été fortement renforcée pour éviter une troisième nuit de violence.

Sur les ruines fumantes naissent les polémiques politiques. - Reuters
Sur les ruines fumantes naissent les polémiques politiques. (Reuters)
Alors que le spectre des émeutes de 2005 réapparaît, les appels au calme se multiplient. Les responsables politiques lancent ou relancent les débats autour des moyens mis en oeuvre en banlieue. L'opposition réclame le retour de la police de proximité, ce que refuse la droite. Sur place, la présence a été fortement renforcée pour éviter une troisième nuit de violence.

Après deux soirées de violences à Villiers-le-Bel, dans le Val d'Oise, les politiques s'interrogent. Deux ans après les émeutes de 2005, qui avaient embrasé les banlieues pendant trois semaines, les responsables craignent la répétition de scènes similaires. Pour la gauche, les événements sont le signe que rien n'a changé. Moyens et police de proximité sont réclamés. Les émeutes semblent à nouveau enflammer la scène politique.

Acteurs de premier rang, les maires socialistes du Val d'Oise ont tenu mardi une conférence de presse commune. "On veut que le Parlement rétablisse les crédits qui sont les nôtres", a lancé Didier Vaillant, édile de Villiers-le-Bel, soutenu par le président de région Jean-Paul Huchon: "Les crédits de rénovation urbaine s'épuisent et ceux des associations sont en baisse." Les élus ont demandé un grand plan pour les banlieues.

Fadela Amara garde le silence

Le Val d'Oise n'a pas manqué de visites ministériels dans la journée, de François Fillon à Fadela Amara. "La démocratie, ce n'est pas la vengeance, c'est la justice", s'est exclamé le Premier ministre. Il a donc appelé au calme et à attendre les conclusions de l'enquête. La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie a exprimé son soutien aux policiers blessés la veille. Elle a annoncé une présence des forces de l'ordre renforcée. "Nous ferons tout pour que (la contagion) n'ait pas lieu", a-t-elle assuré. "Le but de ce dispositif c'est d'abord d'imposer le calme pour tout le monde et d'autre part de rechercher, d'arrêter et de déférer devant la justice", a assuré la locataire de la place Beauvau.

Face à un dispositif impressionnant et ponctuel, l'opposition ravive le débat désormais récurrent de la police de proximité. A l'Assemblée nationale, les socialistes ont reproché au gouvernement de l'avoir supprimée. "La police dans les quartiers existe, elle fait son vrai métier et non pas ce que vous vouliez lui faire faire, c'est-à-dire de faire du sport auprès des jeunes", a rétorqué Michèle Alliot-Marie. Les Verts s'en sont pris à la politique de la ville, dénonçant le "tout sécuritaire" de Nicolas Sarkozy. "A part une politique de communications se résumant à un 'Fadela tour' et une démonstration policière surgénératrice de violences, les politiques de M. Sarkozy et consorts sont tout simplement des politiques 'zéro proposition'", a déploré Anne Souyris, porte-parole des Verts. Fadela Amara, la ministre de la Ville, s'est justement rendue sur place. Son habituel franc-parler s'est mué en silence, "par respect pour la dignité des familles", a expliqué son entourage.

Premières condamnations

Le débat a parfois succombé à la tentation de la polémique politicienne. Si Ségolène Royal a appelé à une "mobilisation générale, toutes tendances politiques confondues, sur la question de nos quartiers, de l'avenir des jeunes dans nos quartiers, pour qu'ils aient l'espoir de trouver du travail", d'autres sont tombés dans l'accusation du camp adverse. Daniel Vaillant, ancien ministre socialiste de l'Intérieur, souligne que ce genre d'émeutes n'arrive "que quand la droite est au pouvoir". "Il faut rappeler à M. Vaillant que c'est un commissariat de proximité qui a été incendié à Villiers-le-Bel, en même temps qu'une bibliothèque!", a répliqué Patrick Devedjian, secrétaire général délégué de l'UMP, lui aussi opposé à la police de proximité.

A Villiers-le-Bel, une marche silencieuse a rendu hommage aux deux jeunes, Larami et Moushin, morts dimanche. Les premiers éléments de l'enquête, s'appuyant sur l'examen des véhicules et les autopsies, semblent confirmer la thèse de l'accident. Huit jeunes ont été écroués pour les violences des deux dernières nuits. Deux d'entre eux ont été condamnés à des peines de dix mois de prison ferme. En début de soirée, les rues de Villiers-le-Bel connaissaient un calme relatif. Michèle Alliot-Marie et François Fillon ont projeté de passer la soirée au PC de sécurité à Villiers-le-Bel. Quelques poubelles et voitures ont été incendiées. Un départ de feu a aussi été annoncé dans un magasin.


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