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Wendel: Linge sale d'une famille

Publié le 05 juin 2008 à 12h12 par

Ernest-Antoine Seillière est visé par sa propre famille. Une plainte a en effet été déposée contre une quinzaine de dirigeants de l'entreprise familiale Wendel. L'ancien patron des patrons n'est pas nommé, mais il est soupçonné par une administratrice d'avoir touché près de 80 millions d'euros en actions. Le groupe clame son exigence de transparence et s'apprête à contre-attaquer.

Ernest-Antoine Seillière est mis en cause par une administratrice de la société familiale. - Maxppp
Ernest-Antoine Seillière est mis en cause par une administratrice de la société familiale. (Maxppp)


Les histoires de familles sont toujours houleuses. Celle qui se noue autour de l'entreprise Wendel depuis trois siècles tourne au vinaigre. Des dirigeants du groupe sidérurgiques sont mis en cause pour avoir pris possession de 4,5. Mercredi, une plainte a été déposée par l'un des membres de la famille, Sophie Boegner, et met en cause notamment Ernest-Antoine Seillière, ancien président du Medef.

"Une plainte contre X a été déposée mardi. Il est bien clair qu'elle vise les 4,5 du capital, soit, il y a un an, plus de 300 millions d'euros. Selon Le Monde, Ernest-Antoine Seillière, président du conseil de surveillance de Wendel et président du conseil d'administration de la SLPS, aurait lui-même reçu pour 79,8 millions d'euros d'actions. Le président du directoire de Wendel, Jean-Bernard Lafonta aurait reçu 83 millions d'euros d'actions.



Mais la plaignante est relativement isolée dans sa fronde familiale. La SLPS a réagi en rappelant que l'opération s'était déroulée dans la transparence et que son conseil avait été informé régulièrement des modalités de la restructuration, et que celui-ci l'avait approuvée à l'unanimité. Sophie Boegner, elle-même, avait donc donné son accord. Et la société entend bien contre-attaquer. Son conseil demandera le 11 juin la révocation de la plaignante. La riposte viendra aussi de Wendel et pourrait se régler devant les tribunaux. L'entreprise a annoncé qu'elle "étudiait les moyens à l'encontre de Sophie Boegner pour diffusion de fausses informations et dénonciation calomnieuse".

Si la révolte ne prend pas sur ce cas précis dans la famille, une demande de transparence se généralise toutefois. La question de la rémunération des dirigeants, via l'intéressement au capital des entreprises, pourrait ainsi s'inviter aux discussions lors de la prochaine assemblée générale, lundi prochain. Il pourrait aussi être demandé à Ernest-Antoine Seillière, qui cumule les responsabilités au sein de SLPS et de Wendel, d'abandonner quelques positions. Lundi, la famille tentera de régler ses conflits en interne.


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