Kovalainen, le bienheureux
Publié le 03 août 2008 à 18h56 par
Profitant de l'abandon de Felipe Massa à trois tours de l'arrivée, alors que le Brésilien de Ferrari faisait la course en tête depuis le départ, Heikki Kovalainen (McLaren) a remporté un Grand Prix de Hongrie marqué par la crevaison de Lewis Hamilton, finalement cinquième. Kimi Räikkönen troisième, réalise la bonne opération au classement du championnat du monde.

Grande première pour le Finlandais . (Reuters)
Seulement 5,2 millions d'habitants, mais un nombre impressionnant de champions automobiles. Ari Vatanen, Juha Kankkunen, Tommi Mäkinen et Marcus Grönholm en rallye. Keke Rosberg, Mika Häkkinen et Kimi Räikkönen en F1... La liste ne s'arrête pas là. Dimanche, sur le Hungaroring, Heikki Kovalainen vient d'ajouter son nom à cette tradition des "Finlandais volants". S'il n'est pas champion du monde, il tient là sa toute première victoire en F1, une étape toujours essentielle dans la carrière d'un pilote.
Dans le tour de décélération, Kimi Räikkönen place sa Ferrari à côté de la McLaren-Mercedes de son compatriote pour lui faire un signe de la main. Puis c'est Lewis Hamilton qui fait de même. Tous deux veulent rendre hommage à la victoire de "Kova". Un succès chanceux, qui aurait été difficilement envisageable sans la crevaison d'Hamilton au quarante-et-unième tour et la casse moteur de Felipe Massa à la toute fin du soixante-septième. Mais depuis ses débuts en F1 chez Renault en 2007, Kovalainen a souvent été accablé par son chat noir, qui l'a quitté cette fois-ci.
Le départ canon de Massa
A la régulière, le vainqueur du jour était promis à une troisième place. S'il est bien en première ligne sur la grille, il est du côté le plus sale de la piste. A l'extinction des feux, Felipe Massa (troisième en qualifications) prend logiquement un meilleur départ que lui. Le Brésilien se hisse même à la hauteur de Lewis Hamilton. Au premier virage, la Ferrari freine très tard. Massa réussit à dépasser le pilote anglais par l'extérieur. Une fois installé en tête, le Brésilien déroule sa course. Il ne cède le commandement temporairement qu'à l'issue de ses deux arrêts, effectués aux dix-huitième et quarante-quatrième tours.
Sa quatrième victoire de la saison lui tend les bras: un succès qui lui permettrait de reprendre les commandes du championnat. Mais à trois boucles du drapeau à damiers, coup de théâtre: de la fumée s'échappe de l'arrière de la F2008. Le V8 vient de rendre l'âme. Massa doit laisser sa monoplace en pleine ligne droite des stands, c'est l'abandon. Comme il a parcouru plus de 90% de la distance du vainqueur, il est quand même classé dix-septième.
S'il repart bredouille de Hongrie, le Brésilien a quand même surpris par la manière dont il a maîtrisé Lewis Hamilton. Impérial aux essais, l'Anglais n'a pas été en mesure de menacer son adversaire. Les Ferrari ont été plus compétitives que prévu, leurs deux pilotes ont les deux meilleurs tours en course: 1'21"195 pour Räikkönen, 1'21"355 pour Massa. Au quarante-et-unième tour, Hamilton, lui, est un solide deuxième lorsque son pneu avant gauche crève. La roue ne déchappe pas complètement, la MP4-23 réussit à regagner son stand au ralenti.
Bourdais noyé dans l'extincteur
Lorsqu'il reprend la piste, Hamilton est dixième. Il remonte au sixième rang et l'abandon de Massa lui permet finalement de terminer cinquième. Les déboires des deux hommes font les affaires de leurs poursuivants. Timo Glock termine une course impeccable à une excellente deuxième place. Avec la septième de Jarno Trulli, Toyota conforte sa quatrième place au classement des constructeurs. Chez Renault, on peut aussi se satisfaire des quatrième et sixième places de Fernando Alonso et Nelson Piquet. L'écurie au losange se maintient ainsi à quatre longueurs de Toyota.
Quant à Sébastien Bourdais, il a passé un dimanche difficile. Au trente-et-unième tour, alors qu'il effectue son premier arrêt, le feu se déclare, aussitôt maîtrisé (des incidents du même genre ont eu lieu chez Honda et Williams). Quatorze boucles plus tard, le Français ravitaille pour la deuxième fois: les mécaniciens doivent encore sortir les extincteurs. Bourdais a de la mousse plein son cockpit et sa visière, à tel point qu'il doit revenir à son stand un tour plus tard. A l'arrivée, il est dix-huitième.
Avec la victoire de Kovalainen et la cinquième place d'Hamilton, McLaren-Mercedes reprend à BMW (hors du coup sur le Hungaroring) la deuxième place du classement des constructeurs. Chez les pilotes, Hamilton est toujours en tête, avec cinq points d'avance sur Kimi Räikkönen, chanceux de monter sur le podium. Massa pointe à huit longueurs de l'Anglais. Quant à Kubica, il est toujours quatrième, mais à treize points du leader. La saison 2008 est décidément très serrée...
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