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Ricco passe à table

Publié le 30 juillet 2008 à 15h31 par

Niant les faits jusque-là, Riccardo Ricco est passé aux aveux ce mercredi devant le Comité national olympique italien (Coni). Le "Cobra", contrôlé positif à une EPO de troisième génération sur le Tour de France, a avoué au juge Ettore Torri avoir triché. L'ex-coureur de la Saunier Duval, qui a parlé d'un cas isolé, a ainsi épargné ses anciens équipiers. Il risque deux ans de suspension.

Riccardo Ricco a décidé de ne plus mentir. - Reuters
Riccardo Ricco a décidé de ne plus mentir. (Reuters)


On ne dira pas merci à Riccardo Ricco, mais ses aveux, mercredi devant le Comité national olympique italien, sont tout à son honneur. Pas qu'il s'agisse d'une performance en soi, mais sa confession évitera les histoires aussi absurdes que sans fin dans lesquelles certains de ses prédécesseurs s'étaient égarés au moment de préparer leur défense. En reconnaissant des faits avérés, à savoir qu'il avait bien eu recours à l'EPO sur le Tour de France, l'Italien évitera de se ridiculiser. Car avant lui, ceux qui avaient avancé comme excuse une fête un peu trop arrosée, un bonbon empoisonné ou des produits destinés à la belle-mère ou au chien de la famille, n'avaient rien fait d'autre que de plonger dans le grotesque.

Riccardo Ricco a, comme il l'a dit au juge du Coni Ettore Torri, "pris ses responsabilités". "Avant le Tour, j'ai commis une erreur, j'ai pris le produit dont tout le monde parle. J'ai commis cette erreur seul", s'est-il confessé selon des propos rapportés par l'agence italienne ANSA. S'il lui aura fallu treize jours pour lâcher le morceau – le Transalpin avait jusque-là nié les faits au contraire de son ex-coéquipier Leonardo Piepoli qui avait lui avoué s'être dopé sans avoir été contrôle positif -, le "Cobra" a bien retrouvé sa langue mercredi. "Je suis venu devant le parquet antidopage pour me soulager d'un poids, parce que je me sens en faute et dans l'obligation de m'excuser devant mes fans. Mes pensées vont à l'équipe, car des personnes ont pu perdre leur travail à cause de moi. Je pense aussi à mes coéquipiers qui, toujours à cause de moi, ont dû renoncer à poursuivre leur aventure dans le Tour." Une réflexion juste mais un rien tardive.

"J'étais certain de ne pas prendre de risques pour ma santé"

Contrôlé positif sur la 4e étape de la Grande Boucle, au soir du contre-la-montre de Cholet, Ricco a aussi expliqué au juge comment il avait pu se fournir le produit incriminé, de l'EPO troisième génération, scientifiquement appelée CERA. "Il suffit d'aller sur internet et on s'informe rapidement. Lorsque je l'ai prise, j'étais certain de ne pas prendre de risques pour ma santé. Personne ne m'a conseillé", a-t-il assuré naïvement.

Puis, le "Cobra", faut-il le rappeler vainqueur des étapes de Super-Besse et Bagnères-de-Bigorre sur le Tour, n'a pas manqué de cracher son venin sur l'ensemble du peloton. "Ce qui m'a le plus blessé dans toute cette histoire a été l'hypocrisie dans le milieu du cyclisme", a déploré le frêle italien qui, quelques instants auparavant avait épargné ses anciens coéquipiers chez Saunier Duval en jurant avoir agi en marge de l'équipe. Désormais sous le coup d'une suspension de deux ans, Ricco aura tout le temps dans les prochains mois de méditer sur ce cyclisme en reconstruction. Car si une certaine hypocrisie règne effectivement encore au sein du peloton, rien ne l'obligeait à la nourrir en transgressant les règles.

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