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Total: L'étrange affaire russe

Publié le 10 avril 2008 à 12h24 par

Encore de vieilles affaires qui ressurgissent pour Total. Deux régions russes ont déposé plainte contre le groupe pétrolier à qui elles reprochent de ne pas avoir honoré un contrat de 1993. Le procureur de la République de Nanterre a décidé d'ouvrir une instruction pour abus de confiance visant le groupe. Les Russes réclament jusqu'à 170 milliards de dollars, selon Le Figaro.

Loïck Le Floch-Prigent aurait signé un contrat avec deux régions russes. - Maxppp
Loïck Le Floch-Prigent aurait signé un contrat avec deux régions russes. (Maxppp)


Total pourrait risquer gros cette fois encore. Selon des informations du Figaro, le procureur de la République de Nanterre Philippe Courroye a ouvert une instruction pour abus de confiance visant Total, suite à la plainte déposée en 1996 par deux régions russes contre le groupe pétrolier français. Volgograd et Saratov poursuivent l'entreprise en justice car elles estiment que le groupe n'a pas honoré des contrats portant sur l'exploitation de champs pétroliers. Au final, les Russes demandent pour réparation du préjudice près de 170 milliards de dollars. Interrogé sur ce dossier, le directeur général de Total, Christophe Margerie déclaré: "Le ridicule ne tue pas. Je ne suis pas au courant".

Le début de cette affaire remonte à 1992, quand un accord conclu entre François Mitterrand et Boris Eltsine permettait à Elf d'exploiter les sols de ces deux régions riches en pétrole, au sud-ouest de la Russie. Les responsables de Volgograd et Saratov assurent avoir signés en 1993 avec l'entreprise de Loïck Le Floch-Prigent un document sur l'exploitation de ces champs pendant cinquante ans, et un partage des bénéfices à égalité entre eux et Elf. Mais Elf, devenu Total en 2000, n'a jamais exploité ces sols. En effet, c'est en 1993 que Loïck Le Floch-Prigent a cédé sa place à la tête d'Elf-Aquitaine à Philippe Jaffré, qui n'a pas souhaité donner suite à ce contrat.

Le contrat n'a jamais existé en ces termes pour Total

Et c'est là ce qui motive la plainte des deux entités russes, qui estiment avoir subi un préjudice de taille. Selon leurs calculs, le manque à gagner s'élève, au maximum, à 170 milliards d'euros. Une somme rondelette pour une exploitation "virtuelle" mais qui s'explique par la prise en compte de la hausse vertigineuse du prix de l'or noir depuis 1993. Les autorités russes ont également fait leurs comptes sur la base d'une production très importante, de l'ordre de 150 000 barils par jour.

Du côté du groupe pétrolier, selon Le Figaro, on estime que le contrat n'a jamais existé dans ces termes là. Les Russes estiment, eux, que ce contrat a été détruit. Pour étayer leurs dires, ils s'appuient sur les déclarations de l'ancien directeur des hydrocarbures d'Elf lors du procès en appel de 2004 sur les malversations au sein de l'entreprise, et mettent en cause Philippe Jaffré, aujourd'hui décédé, et son équipe. Cette affaire survient donc après le procès pour détournements de fonds à la société Elf, sous la présidence de Le FLoch-Prigent (1989-1993), qui a vu une trentaine de condamnations confirmées définitivement en janvier 2007 par la Cour de cassation. Au juge d'instruction Alain Philibeaux, désormais, de démêler le vrai du faux.


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