Woods est loué, Amen...
Publié le 09 avril 2008 à 19h07 par
L'Amen Corner, terme employé pour la première fois en 1958 pour désigner l'enchaînement des trous 11, 12 et 13 où Arnold Palmer a fait la différence pour gagner son premier succès à Augusta, fête cette année ses 50 ans. Tiger Woods n'en a que 32, mais le n°1 mondial vise lui une cinquième veste verte ce week-end en Géorgie. Une issue qui ne fait presque aucun doute pour les observateurs.

Tiger Woods s'avance sur le green du 3e trou de l'Amen Corner. (Reuters)
Dans quels autres termes que cet adjectif divin aurions-nous pu décrire cet enchaînement de trois trous où peu sont ceux qui y ont trouvé grâce eu égard au nombre de victimes du plus bel Enfer sur terre ? Il y a cinquante ans naissait sous la plume de Herbert Warren Wind, une référence du journalisme sportif, l'Amen Corner, terme universellement accepté par la planète golf. Un demi-siècle plus tard, qui peut douter que ces trous 11, 12 et 13 – un par 4 diabolique, un par 3 subtil et un par 5 exigeant – ne constituent pas encore l'un des tournants du 72e Masters d'Augusta de l'histoire ?
Personne et surtout pas Tiger Woods qui connaît trop bien les dangers et les charmes du parcours géorgien pour y avoir déjà triomphé à quatre reprises. Alors que ce Masters 2008 marque aussi les 50 ans de la première victoire d'Arnold Palmer, lequel verra Gary Player le distancer au nombre de participations consécutives (51), le n°1 mondial tentera, quelques semaines après l'avoir délogé de la troisième marche du podium du plus grand nombre de victoires sur le circuit américain, de porter un nouveau coup à la légende du King. Si l'histoire qui accompagne ce tournoi est, selon son propre aveu, "l'une des choses les mieux soignées" d'Augusta, le Tigre, qui figure déjà en bonne place dans les annales du Masters, n'a d'autre ambition que de nourrir la sienne et enfiler dimanche une cinquième veste verte, une de plus que Palmer, une de moins que Jack Nicklaus contre lequel il court désespérément.
Le Grand Chelem en tête
Augusta ou la première étape programmée vers le Grand Chelem, quête qu'il qualifiait il y a peu sur son site internet de "facile dans les limites du raisonnable". "Vous devez comprendre pourquoi j'ai dit ça, argumentait-il mardi en conférence de presse. Je l'ai déjà fait avant ; j'ai déjà gagné les quatre tournois du Grand Chelem à la suite (l'US Open, le British Open et l'USPGA en 2000 suivi du Masters en 2001, ndlr). Durant ma carrière, j'ai souvent gagné plus de quatre tournois en une année. Le tout est de gagner les quatre bons." Limpide comme un coup de fer 7 au practice...
D'aucun y verrait de l'arrogance mais, dans la bouche du Tigre, ces mots résonnent comme de l'ambition, appétit nourri par quatre victoires en cinq sorties depuis le début de l'année, seuls Geoff Ogilvy, vainqueur à Doral, et ses dauphins Jim Furyk, Retief Goosen et Vijay Singh, trois hommes que l'intéressé place aux côtéx de Phil Mickelson et Adam Scott parmi ses principaux rivaux à Augusta, ayant réussi la performance de pointer devant lui au terme d'un tournoi. Si Tiger Woods, qui joue le golf de sa vie, doit réussir le Grand Chelem une fois dans sa carrière, c'est bien en 2008.
Une perspective qui alimente la chronique aux abords de Magnolia Road. "Ça prouve que ça fait longtemps qu'un joueur n'a pas été en mesure de faire le Grand Chelem", avance Padraig Harrington, interrogé comme beaucoup de ses pairs, sur la faisabilité d'un tel dessein. "Je pense qu'il faut remonter à Nicklaus ou Hogan et les grands anciens pour imaginer que quelqu'un puisse gagner les quatre Majeurs la même année. Et Tiger, c'est évident, est entré dans cette catégorie de joueurs. Je reste persuadé que c'est une tâche difficile. C'est votre choix de faire un tel battage médiatique sur cette question mais, vous savez, s'il le fait, il méritera vraiment une tape dans le dos".
"J'aimerais parier contre lui, comme le reste du plateau ici à Augusta, mais il faut avouer que c'est dans ses cordes", reconnaît Ernie Els, qui possède trois Majeurs à son palmarès. "Je ne pense pas qu'il y ait déjà eu un joueur comme lui par le passé." Et Zach Johnson, le tenant du titre, de surenchérir: "Je pense que Tiger Woods, l'un des meilleurs et des plus reconnus athlètes au monde, l'athlète le plus dominateur de notre sport et de loin, est la meilleure chose qui pouvait nous arriver. Il transcende le golf, le porte à un autre niveau. Il dit qu'il peut encore s'améliorer, ce qui est effrayant. C'est un monstre, dans le bon sens du terme." Tiger Woods contre le reste du plateau: une cote que les bookmakers proposent aux parieurs en cette semaine de Masters. Et peu sont ceux qui mettraient une pièce sur les adversaires du Tigre...
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