Ajax-loader-form

Pourquoi les accords de Bâle n'ont pas empêché la crise financière ?

Question de Sophie, publiée le 03 novembre 2008 à 17h34

Réponse de Julien Séraqui, Expert en gestion de patrimoine, auteur du Fiscal de la gestion de patrimoine 2008 et président de Conseil Capital Plus.

© MaxpppLes accords de Bâle datent de 1988. Le principe était d’imposer aux banques un ratio minimal de 8% de fonds propres par rapport aux crédits qu’elles accordaient, ce ratio s’appelait le ratio de Cooke. Cependant, le ratio de Cooke ne prenait pas en compte la qualité des emprunteurs et donc le risque réellement pris par la banque.

C’est pourquoi en 2004 ont eu lieu des accords de Bâle II qui corrigeaient les imperfections du ratio de Cooke en prenant en compte la qualité (notation financière) des emprunteurs. Le nouveau ratio s’appelle le ratio de Mc Donough du nom du Président du comité de Bâle.  

Alors pourquoi ce ratio prudentiel n’a pas fonctionné ? Simplement parce que la qualité financière déterminée par les agences de notations qui sont des sociétés privées et indépendantes a été mal évaluée du fait de la sophistication financière et de la création de nouveaux produits financiers très complexes.

Les subprimes, ces crédits hypothécaires accordés aux ménages américains les plus pauvres, sont par nature très risqués car le risque que l’emprunteur ne puisse pas rembourser est très élevé. Bien entendu, comme le risque est important, le taux d’intérêt que l’emprunteur doit payer est élevé. Les banques, qui avaient vendu ces crédits risqués, les ont regroupés sous forme de titre qu’elles ont vendus à d’autres banques (principalement les cinq plus grandes banques d’affaires de Wall Street : Merill Lynch, JP Morgan, Bear Stearns, Lehman Brothers et Morgan Stanley) pour leur faire supporter le risque pris, donc sortir ces crédits risqués de leur bilan et ainsi pouvoir "vendre" encore plus de crédits.

Jusque là, le système fonctionne parfaitement car les banques qui achètent ces titres risqués savent de quoi il retourne. Le problème est que les banques de Wall Street ont dilué ces titres risqués avec d’autres titres peu risqués et qu’elles ont présenté ces titres comme des actifs peu risqués aux agences de notations qui ont mal analysé le risque.

A partir de ce moment, les banques d’affaires de Wall Street détenaient le produit financier miracle : un actif peu risqués qui rémunèrent comme un actif risqué ! De vente en revente à d’autres banques, de dilution en complexification, toutes les banques ont acheté des produits financiers dont elles ne comprenaient pas le risque réel.

Ces produits ce sont donc propagés dans le monde entier et lorsque le taux de défaut des ménages pauvres américains a augmenté plus que prévu et qu’en même temps le marché immobilier américain s’est retourné interdisant aux banques la revente des biens immobiliers saisies, la crise a commencé.

En résumé, la crise des subprimes est due à l’incompétence des agences de notations et à l’avidité des banques d’affaires !



Il n'y a pas de commentaires pour le moment.

Écrire un commentaire