Un carton à cause d’un banal accident de circulation. Comment en est-on arrivé à de la tôle froissée, à une course gâchée pour plusieurs pilotes et cela dans l’allée des stands ? C’est comme ça, le Grand Prix du Canada est toujours un peu fada. Comme à Monaco, les pilotes flirtent avec les murs, dont le fameux « Bienvenue au Québec ». Quand on compte le nombre de voitures qui s’y sont fracassées, on se dit que les Québécois aiment plaisanter.
Une nouvelle fois, une voiture a heurté le mur et la déplacer sans interrompre la course, c’était vraiment dur. Alors la voiture de sécurité est entrée en piste, le Grand Prix a été neutralisé et la voie des stands a été fermée. Maintenant, pour ravitailler, les pilotes doivent attendre que toutes les voitures se soient regroupées et que l’entrée des stands soit de nouveau autorisée. Et tout ça peut prendre un peu de temps. Que doivent faire ceux qui commencent à manquer de carburant ? Patienter sagement en priant, pour éviter la pénalité infligée à tout contrevenant ? Le nombre de victimes de cette règle stupide ne cesse d’augmenter et j’espère vraiment que les équipes vont sérieusement s’en inquiéter.
La vue de deux des leaders du championnat, Lewis Hamilton et Kimi Räikkönen, à pied abandonnant là leur voiture fracassée devrait aider à remédier à l’imbécillité de ce genre de situations. Car tout est venu d’un peu de précipitation et de manque de réflexion : Hamilton s’est vu doublé par Räikkönen car Ferrari avait mieux géré son arrêt. Mais, au bout de l’allée des stands, il y a un feu rouge que les pilotes doivent respecter car sinon ils risquent d’emboutir ceux qui déboulent de la ligne droite à pleine vitesse. Le Finlandais s’est arrêté, le Britannique l’a oublié et a tapé l’arrière de la Ferrari. Lewis, tu pilotes un bolide et c’est dommage de se mettre hors course à cause d’une erreur stupide, que ne commettrait pas un jeune qui passe son permis hihi En tout cas, il a dû abandonner, a laissé filer la tête du championnat et a été pénalisé pour avoir causé ce triste accident de la circulation : une rétrogradation de dix places sur la grille du Grand Prix de France. Mais je ne doute pas que cet incident ait décuplé sa motivation.
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Alex de Angelis court en MotoGP depuis six Grands Prix. De Angelis, c’est qui ? Un rookie ? C’est vrai, le pilote Honda Gresini qui n’avait pas ébloui en 250cc n’avait pas réussi jusqu’à là à se montrer en MotoGP. Certains se demandaient même s’il avait vraiment sa place en catégorie reine. Abandon ou fin de course en queue de peloton, il était vraiment très loin de faire bonne impression. Mais bon, à qui le comparait-on ? A Jorge Lorenzo, Andrea Dovizioso, James Toseland ? Des garçons double ou vice champions qui ont empilé les succès alors qu’en 250cc, De Angelis n’en a gagné qu’un. Pourquoi alors est-il monté en MotoGP ? Parce que, la saison dernière, il est monté sur le podium onze fois et qu’il a terminé troisième au championnat.
La clé pour comprendre ce qui s’est passé hier c’est que De Angelis est San Marinais. Et comme en moto, il n’y a pas de course à San Marin, le Grand Prix d’Italie c’est un peu le sien. Alors il était très motivé pour briller devant le public italien : sur le sec comme sur le mouillé, il a piloté comme jamais. Je trouve ça génial qu’un pilote puisse gagner grâce à son mental. Et là, pendant 23 tours, il nous a offert un festival. C’est vrai, il disposait certainement d’une moto bien réglée et de pneus qui ne se sont pas dégradés. Mais bon, il fallait y aller, dépasser et encore dépasser. Et qui a-t-il doublé ? Lorenzo et Dovizioso, notamment. Des champions ou vice champion qu’il avait rarement dominés auparavant.
Sa course était extatique et j’ai eu peur qu’il ne soit stoppé par une casse mécanique ou qu’il ne se précipite et chute, ce qui aurait été dramatique. Mais non. De Angelis était lucide et euphorique. A la fin, il avait Dani Pedrosa en point de mire. Et, si la course avait compté quelques tours de plus, l’Espagnol aurait eu de quoi frémir. Un premier podium devant son public, ça aurait été fantastique. Ce n’ était pas pour cette fois mais j’espère qu’il pourra renouveler cet exploit.
Après la pole position de Colin Edwards il y a quinze jours, le summum ça aurait été qu’en France, il monte sur le podium. Il a fait mieux que ça, résistant dans les derniers tours à la remontée de Dani Pedrosa. Il aurait pu une nouvelle fois s’élancer en tête sur la grille de départ mais l’Espagnol a sorti son dernier tour rapide de nulle part. L’Américain était déçu, mais finalement il l’a battu.
Un podium au Mans, chez soi, Tech 3 a dû en rêver plus d’une fois. Après deux saisons de galère, elle se bat avec les leaders. Au championnat, Edwards occupe la 5e position, le meilleur des autres, derrière les champions, Valentino Rossi, Jorge Lorenzo, Pedrosa et Casey Stoner. Libéré de la pression d’avoir un septuple champion du monde comme équipier, il semble plus s’amuser et se surpasser. Ils doivent maintenant avoir l’espoir de victoire. Mais la compétition est tellement relevée qu’il faudrait que les premiers connaissent de grandes difficultés pour que cela puisse arriver.
Je trouve cela fantastique pour Hervé Poncharal, le charismatique patron de l’équipe. Les deux dernières saisons n’ont pas été faciles avec un matériel qui ne leur permettait pas de se battre avec l’avant du peloton. Moteur moins puissant que celui de leurs concurrents, pneus moins performants, ils manquaient de moyens pour parvenir à leurs fins. Maintenant, les M1 sont équipées par Michelin et tout va bien. Edwards et James Toseland, qui se sont connus en Mondial Superbike, s’entendent à merveille et l’aîné apprend au cadet les ficelles du métier.
Au Mans, la France était aussi à l’honneur avec la victoire de Mike di Meglio en 125. Après que la course a été interrompue à cause de la pluie, il est reparti pour cinq tours et s’est imposé avec brio. Et il s’empare de la tête du championnat, ce qui est la cerise sur le gâteau. On rêve du même scenario au Mugello.