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CHAPITRE DEUX

Livadia

Espace, Système d'Astor , 21501

Nous étions maintenant tous les six à nos places dans l'habitacle, je ferais mieux de dire que les quatre membres de l'équipage étaient à leur poste, Cirta et moi n'étions là que pour jouir des images produites par le surgissement du Viking au sein de la nuit spatiale. Je ne sais pas pour Cirta, qui a déjà une fois parcouru l'espace jusqu'à Titan, mais pour moi pauvre terrien vierge de toute expérience spatiale, être au mileu de professionnels aguerris me rassure quelque peu.
Un léger bourdonnement, ça y est nous sommes partis.
Jusqu'ici, c'est comme un skas, la puissance raisonnée des moteurs gravifiques nous préserve des affres de l'accélération, pourtant nous quittons le sol à une vitesse vertigineuse, bien supérieure à celle des skas et nous émergeons bientôt de la couche nuageuse, encore quelques secondes et la courbure de la Terre apparaît.
Tout cela va si vite que je n'ai pas le temps d'être ému ou de m'effrayer, la Terre n'est déjà plus qu'un demi cercle bleu frangé des écharpes blanches des nuages, d'ici on distingue à peine les contours de l'Amérique du Sud, puis la lune apparaît, tache grise sur le semis de diamanrts des étoiles, très vite le Viking s'éloigne et je sens comme un vide m'envahir, une curieuse sensation de manque vertigineux, c'est comme si une partie de moi était restée sur sa planète mère.
Ca va Kliin, tu as changé de couleur, tu es gris, me dit Cirta.
Ca va, ça va, c'est juste l'émotion du départ
Oui, la première fois que l'on quitte la Terre c'est violent !
Cinq heures plus tard nous arrivons dans les parages de Jupiter, c'est là que le Viking va faire le plein de l'énergie gravifique qui lui permettra de trouer l'espace einsteinien pour se projeter dans l'espace second.
La Terre et son satellite ne sont plus visibles que comme une étoile double qui accompagne le cercle minuscule du soleil. Maintenant, l'énorme masse de Jupiter envahit le panorama offert par la baie transparente de l'habitacle, pourtant nous sommes éloignés de la planète géante de plusieurs millions de kilomètres, selon les dires de Gurlana.
Iaveh et son équipe sont calmes, attentifs mais détendus, Iaveh explique la manoeuvre à Cirta car pour moi c'est incompréhensible, il est question d'orbite haute, de périgée, de masse compensée, etc...
Nous allons rester toute une journée dans les parages de Jupiter, les mamoeuvres finies, chacun vaque aux occupations qu'il juge importantes, il faut croire que nous accordons chacun la même importance à la nourriture car nous nous retrouvons rapidement autour de la table afin de nous restaurer.
Mekhor est resté dans l'habitacle, pour veiller sur les paramètres de vol.
Nous allons nous rendre à Livadia d'abord, dit Iaveh, pour cela il nous faut quatre jours, un pour chaque saut spatial, en cours de route nous pourrons expérimenter le ralentisseur si tu veux, Cirta.
Nous le ferons plus tard, entre Sérapis et Alnira, c'est là que nous aurons le plus de chance de repérer les traces du Carthage trois.
Je pense que c'est quelque peu illusoire de penser que l'on peut retrouver un