Les vacances, c'est chouette ! Mais je vous déconseille de partir un samedi 2 août. Moi, pas con, j'avais anticipé les embouteillages et plus futé que le Bison du même nom, j'avais décidé de partir à 3 heures du matin pour passer peinard le péage de Fleury et précéder de plusieurs heures tous ces connards de vacanciers. mais tu connais Pépette?.. Jamais à l'heure quand c'est important, celle-là ! Les valises étaient même pas bouclées que j'étais déjà au volant sur le parking de la cité en train de faire "vroum vroum" avec ma bouche pour me mettre en situation avant la dure épreuve qui m'attendait sur l'autoroute du soleil. Donc, à 4 heures du matin, nous voilà partis moi, le chien et Pépette (dans l'ordre) et puis Riri, Fifi et Loulou, les canaris dans leur cage et Dimitri, la tortue. Bon, nous voilà partis... Ah, j'oubliais ! Y avait aussi les enfants de nos enfants, 3 affreux qui chialent en permanence parce qu'ils ont faim, parce qu'ils ont plus de Coca ou parce qu'à midi, ils veulent pas manger ce qu'on leur a mis dans l'assiette. Une horreur ! Bon, nous voilà partis. Dès les premiers kilomètres, j'ai été pris d'un doute. Cette idée de génie de partir à 3 heures... 4 heures du matin, on était 5 millions au moins à l'avoir eue alors, ça a démarré lentement... Très lentement ! A 6 heures et demie, on a été bloqués au large du péage de Fleury. Quand je dis au large, c'était vraiment au large ! On voyait même pas les barrières du péage. Et pour cause ! Elles étaient à 7 kilomètres devant nous quand on a été ralentis. Dis Papy, c'est quand qu'on arrive? Il fait chaud dans la voiture. Oui ben la clim elle marche pas. C'était soit je faisais réparer la clim, soit on partait en vacances. J'ai choisi, voilà ! Mais je m'énerve pas, j'explique aux gosses et toi, ne t'en mêle pas... Quand on est même pas capable de préparer des valises à l'heure, on ne la ramène pas ! Oui, Papy mais quand même, il fait chaud, dans la voiture. C'est quand qu'on arrive? Et puis le Coca est déjà tout bouillant. C'est quand qu'on arrive? A 7 heures et quart, j'ai pris le billet à la barrière de péage. Non, je n'ai pas l'abonnement Liber T parce que Pépette, elle dit que pour les rares fois qu'on prend l'autoroute, ça vaut pas la peine. Quelle emmerdeuse, celle-là ! N'empêche que pour une fois, j'aurais apprécié de me trouver dans la file de gauche et doubler tous ces cons qui poireautaient sous le soleil pour prendre leur ticket, ces cons. Hein? Oui, c'est vrai, j'y étais, moi aussi parmi les cons dont je parle. mais ça fait rien, comme je dis toujours, le voyage ça fait déjà partie des vacances. Et bien là, les vacances avaient vraiment commencé. On a atteint les 60-70 km/heure au bout de 10 bornes et on a maintenu cette cadence de fou jusqu'au péage de Villefranche. C'est dire ! Enfin, pas tout à fait. On a été bloqués une demi heure au kilomètre 122 et puis encore une demi heure de surplace au kilomètre 174 et je vous parle pas des blocages d'un quart d'heure minimum aux kilomètres 86, 155, 213 et 227. Papy, j'ai faim. C'est quand qu'on arrive? Et moi j'ai soif, Papy. C'est quand qu'on arrive? Moi j'ai pas faim, j'ai pas soif mais j'ai envie de faire pipi. C'est quand qu'on arrive? C'est vrai, il est midi passé. On pourrait peut-être s'arrêter un peu pour déjeuner et se dégourdir les jambes. Ah vous, les mioches, la ferme ! Et toi, ne la ramène pas ! Si on était partis à 3 heures du matin comme j'avais dit, on serait déjà arrivés à Saint Aygulf. Mais madame, il faut toujours qu'elle traine. Résultat Bientôt 13 heures et on aborde seulement l'agglomération lyonnaise... On s'arrêtera après le tunnel de Fourvière. Ah oui, je vous ai pas dit mais moi, pas con, je prends pas la déviation, ça fait 40 bornes de plus. Je traverse Lyon tout droit, ça va plus vite... Seulement ce jour-là, on était 2 millions de bagnoles à avoir eu la même idée. Ce bordel ! Pire que Paris centre depuis l'élection de l'inventeur des embouteillages 24 heures sur 24. Delanoé, qu'il s'appelle, ce fléau.
Papy j'ai faim. Papy j'ai soif. Moi, Papy, j'ai plus envie de faire pipi, j'ai fait sur la banquette arrière. Mais quand même, c'est quand qu'on arrive? Alors moi, sympa, j'ai stoppé sur l'aire de repos de Feyzin, près de la raffinerie. Ca puait ! Mais au moins, on était les seuls sur l'aire de repos. Toutes les tables de pique nique pour nous tout seuls ! On a mis 20 minutes à déplier le chien qui était roulé en boule sur la moquette depuis le départ. On a sorti la cage aux serins. T'aurais vu leurs gueules aux piafs ! Pépette a été obligée de leur faire le bouche à bec, à ces volatiles de mes deux. C'est la tortue qui était la plus fraiche parce que la gamine lui avait pissé sur la carapace et qu'elle avait roupillé pendant les 10 heures de la traversée de l'émisphère nord de la France. On a voulu sortir la glacière mais on l'avait fourrée tout en dessous des bagages. On a dû vider le coffre et déballer tout notre barda. T'aurais vu le spectacle ! Une Renault 5 bourrée jusqu'à la gueule de mioches pleurnichards, d'un clébard au pédigrée incertain, d'une cage à oiseaux cabossée et d'une tortue qui se faisait la malle en douce pour ne pas subir les moqueries des candidats vacanciers qui, maintenant qu'on était arrêtés filaient à toute vitesse vers le sud.. Et nous, au milieu de tout un bordel éparpillé sur le sol: trois valises dépareillées, 3 bouées Snoopy déjà gonflées pour pas perdre de temps devant la piscine du camping, 2 chapeaux de paille, un jeu de 5 boules "O'But" 5 parce qu'on en a perdu une l'année dernière au camping municipal de Palavas les Flots, deux raquettes de badmington sans le volant, un nounours tout mité, un éléphant Dumbo tout mité et la dodo toute mitée de la petite dernière qui ne voyage jamais sans sa dodo, 5 oreillers dans des sacs Auchan, des draps dans des sacs Carrefour, un poste de télé pour ne pas rater les jeux olympiques ni questions pour un champion et une glacière dans laquelle on trouvait tout ce qu'il fallait pour déjeuner sauf que, étant donné l'odeur des gazomètres tout proches, on avait tous la gerbe sous un soleil de plomb. Brèfle, encore une fois, le temps de tout remettre en place et on était repartis... Mais tu peux m'expliquer toi, pourquoi tant qu'on était arrêtés, les autres filaient à toute allure et maintenant qu'on était repartis, ça roulait au ralenti? Moi non plus, mais c'est comme ça. Bon. J'te raconte pas les bouchons entre Vienne et Chanas, entre Montélimar et Orange, entre Orange et Salon de Provence et entre Salon de Provence et Saint Aygulf. J'te raconte pas les files d'attente aux péages et aux stations service ni les "Dis, Papy, c'est quand qu'on arrive" serinés 217 fois au cours des 300 derniers kilomètres. J'te raconte pas non plus mes coups de gueule contre Pépette, ni les coups de gueule de Pépette contre moi. C'est ça les vacances. Et c'est chouette ! Toujours est-il qu'à 18 heures 30, on est arrivés au Camping des Flots Bleus où on avait retenu notre mobil home du Comité d'Entreprise de Pépette. Sauf qu'à la réception, à 18 heures 30, y avait 200 personnes qui attendaient pour se faire remettre les clés du leur, de mobil home. Pourvu qu'ils ne ferment pas la réception à 19 heures, ces tordus sinon on est bons pour dormir dans la voiture à 10 en comptant le chien, la tortue et les canaris... La tortue !.. On a oublié la tortue ! Et à feyzin, en plus ! La pauvre, elle supportera jamais les vapeurs d'essence jusqu'à ce qu'on repasse la prendre le 31 août !.. Remarque, si elle est aussi rapide qu'on le dit depuis Jean de La Fontaine, si ça se trouve elle est arrivée avant nous, la tortue et elle a déjà les clés de notre mobil home dans la poche de sa carapace et elle nous attend sous l'auvent devant 2 pastis glacés. Brave bête, va !


Il n'y a pas de commentaires pour le moment.