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papycombiere

Carte postale n° 2

Publié le 29 août 2008

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Le camping, tout compte fait, c'est vraiment chouette. Tous ceux qui y séjournent, au Camping des Flots Bleus ont l'air d'aimer vachement ça, le camping alors forcément, je suis bien obligé d'avoir l'air d'aimer ça, moi aussi.
Et pourtant... Et pourtant... Par exemple, le confort. Parlons-en, du confort ! Le mobil home du Comité d'Entreprise de Pépette, c'est la liberté. Tu te lèves à l'heure que tu veux sauf que si tu veux profiter de chiottes à peu près propres, t'as intérêt à y aller le premier, c'est à dire dès que le maghrébin chargé du nettoyage a fini d'asperger les cuvettes au tuyau d'arrosage. Y a des matins, c'est un Karcher qu'il lui faudrait, à Mustapha pour venir à bout des conséquences des sardinades sauvages voire même toute la cargaison d'un Canadair tellement c'est irrespirable certains jours ! Brefle, t'as même intérêt à y aller avant qu'il commence parce que les habitués font déjà la queue pendant qu'il arrose à tout va. Et tu les vois, les vacanciers prévoyants, leur rouleau de p.q. à la main en train de discuter de la reprise du championnat de foot ou du prochain incendie de forêt qui, on l'espère va dévaster le Camping "Lou Souleillou" qu'on peut pas piffer parce qu'ils nous ont battus au dernier tournoi de pétanque inter-campings, en attendant que le courageux ait fini son opération "tempête dans le désert" dans les sanitaires.
Aujourd'hui, on a des animations super. Jugez-en plutôt:
9 heures/10 heures: aqua-gym. 10 heures/11 heures 30: initiation aux danses folkloriques avec l'ensemble "Lou Pescadou" de Bagnols en forêt. A partir de 11 heures 30: grande sardinade de l'amitié (sardines qu'on retrouvera demain matin avant l'intervention de Mustapha). Mais nous, on y va pas aux sardinades. Non pas parce qu'on a pas le sens de l'amitié mais parce qu'à 2 euros la mini sardine carbonisée ça douille trop et comme les gosses n'arrêtent pas de réclamer, on est obligé de leur talocher le museau et les autres résidents ne supportent les hurlements. Ensuite, chacun retourne dans son palace à roues ou en toile pour le frichti puis la sieste que les gosses veulent pas dormir et qu'on est obligés de leur talocher le museau et là, Pépette et moi on s'en donne à coeur joie parce que personne ne nous voit. A partir de 15 heures, on laisse les gosses au mini club et nous, les grands, on va sur la plage de Pampelonne à Saint Trop'. Pour les ceuss qui sont pas comme nous habitués de fréquenter la haute société, Saint Trop', c'est Saint Tropez. C'est moi qui ai choisi cette plage à cause des jolies nudistes. Pépette elle, elle voulait pas y aller à cause des jolies nudistes, justement, qu'elle est toujours en train de me dire "Qu'est-ce que tu regardes, vieux cochon"? Moi cette année, je me suis acheté une paire de lunettes de soleil et je fais semblant de somnoler comme ça, elle voit pas qui je mate. Parce que Pépette, elle est myope mais elle est pas conne. Enfin pas trop... Enfin pas plus que la moyenne des femmes. N'empêche, à Saint Trop', c'est fou ce qu'il y a comme belles filles aux seins nus ! L'autre jour, j'en ai suivi une des yeux... Des roberts commack, j'te raconte pas, ça va t'exciter ! Ma tête n'a pas bougé mais j'en ai pas raté une miette et grâce à mes lunettes noires, ma tête n'a pas bougé, ce qui fait que Pépette, elle a pas remarqué combien il s'intéresse au genre humain, le Papy. Donc, je la suivais des yeux alors elle est passée derrière Pépette, et c'est ça qui l'a remise brusquement dans mon champ de vision, ma bergère et moi, ça m'a ramené à la dure réalité. J'ai poussé un long soupir, ça m'a échappé que même Pépette elle a entendu et elle a voulu me faire rire en me disant "coeur qui soupire n'a pas ce qu'il désire !..." C'est fou cette clairvoyance ! Et pourtant, on dirait pas, à la voir...
Vers 18 heures, on va se promener sur le port parce que Pépette, elle a pas renoncé à l'espoir de voir Brad Pitt et Angelina ou Cécilia et son provisoirement mari actuel. Elle rêve devant le yacht d'Arthur tandis que moi je bave devant les restaurants hors de prix en bouffant mon pan-bagnat. Ce soir, on se balladera au marché de nuit devant les stands de souvenirs qui t'enthousiasment sur le moment et que t'essaiera de revendre au prochain vide grenier, de parfums de Grasse qui puent !.. Que c'en est une bénédiction et des inévitables boubous et masques africains que tu te demandes ce que ça vient foutre là, ces horreurs ! Mais attention, faut pas traîner parce qu'ils ferment le portail à minuit, au camping des Flots Bleus et que la bagnole risque de dormir sur le parking extérieur et tant pis pour les objets de valeur (les tongs, la bouée snoopy de la petite et la bouteille de Coca entamée) que tu y auras laissés. On passe prendre les gosses au club house où la fête bat son plein (ce soir, c'est karaoké) et bien sûr, ils veulent pas rentrer, ces petits cons, qu'on est obligés de leur talocher le museau pour se faire obéir. Mais putain, mais qu'est-ce qu'ils foutent les parents, question éducation? On n'a que 15 jours de vacances, Pépette et moi, c'est pas pour jouer aux gardes chiourme, merde ! Même si l'éducation de la jeunesse ça reste une noble tâche et qu'après 3 heures d'embouteillages entre Saint Trop' et Saint Aygulf... Ca passe les nerfs !

Carte postale n°1

Publié le 11 août 2008

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Ah la la ! Qu'est-ce que c'est chouette, les vacances ! Tout le monde aime ça alors je suis bien obligé d'aimer ça, moi aussi. Voilà pourquoi on a tout fait pour arriver début août à Saint Aygulf, au bord de la France. Ah si ! Je peux te dire que Saint Aygulf, c'est vraiment au bord de la France parce que tout de suite après, c'est la mer. Le Camping des Flots Bleus, c'est vraiment l'endroit rêvé pour se reposer de toute une année de boulot. Il est situé juste entre la ligne TGV et l'usine d'incinération des ordures de l'agglomération Saint Raphaël/Saint Tropez. 50000 habitants 10 mois de l'année, 5 millions en juillet et août et comme par hasard, juste le moment qu'on a choisi pour y aller.
A peine arrivés, comme on était sur la Côte dAzur, Pépette a tenu à aller au club house du camping dans l'espoir d'apercevoir George Clooney ou Julia Roberts. Mais on ne les a pas rencontrés et pourtant elle a lu dans Gala qu'ils y allaient régulièrement, sur la Côte d'Azur, en même temps que Sean Penn, Hugh Grant ou Penelope Cruz. Mais peut-être qu'ils sont dans un autre camping... Faut dire qu'il y en a tellement, des campings dans le coin ! Pour prendre mes marques, le premier jour, je suis allé à la piscine discuter avec Jimmy, le maître nageur. Il est bronzé que tu peux pas croire que ça existe, un bronzage pareil ! Et moi, je n'ai que 15 jours pour devenir aussi bronzé que lui. Donc pas de temps à perdre. A la plage tout de suite ! Seulement t'as déjà réussi à entrer sur la plage de Saint Aygulf le premier dimanche d'août, toi?.. Moi non plus. Et pourtant, tu commences à le connaître, le Papy, prévoyant comme pas deux. Dès sept heures du matin, j'avais réveillé Pépette pour qu'elle prépare les gosses, leur serve leur Benco et pas besoin de faire leur toilette... L'eau de mer, ça purifie tout ! Et ensuite, sans tarder, direction la plage. Putain, ce monde ! Tu te rappelles la traversée du tunnel de Fourvière à l'aller? Et bien là, c'était pire parce que sur l'autoroute, on n'a qu'une idée, avancer coûte que coûte, même lentement. Mais là, c'est tout le contraire. Une fois allongé, personne ne bouge de peur de perdre sa place ! Pas de baignade non plus sinon t'es viré de ton mètre carré de sable crasseux qui pue le mazout, l'Ambre Solaire et le shit et attention aux seringues vestiges de la nuit ! Les gosses en sont restés bouche bée ! Et pourtant, avec une attendrissante candeur, ils avaient amené un ballon de volley, les raquettes de badmington et leur frizbee "Coca-Cola," ces petits cons ! Alors, on s'est installés au bord du parking, sur le goudron qui commençait à devenir brûlant. J'a enlevé ma chemisette et pour ressembler le plus possible à Jimmy, le maître nageur, j'ai rentré mon ventre autant que j'ai pu mais comme pour ça il faut se retenir de respirer, j'ai pas tenu plus d'une minute, une minute et demie. Alors j'ai abdiqué et j'ai repris ma silhouette habituelle, c'est à dire que j'ai laissé sa totale liberté à mon ventre et permis à mes bourrelets de déborder de mon slip multicolore et merde à toutes les nanas (y compris les sexagénères de Céret) qui se foutront de moi parce qu'elle ne me verront pas aussi beau que je me vois ! Ensuite la séance de bronzage a commencé: la moitié du temps sur le ventre, la moitié du temps sur le dos, sans oublier les flancs qu'on a trop tendance à négliger. Mais j'ai pas réussi à ressembler au maître nageur du camping, oh que non ! Le soir, j'avais affiché les deux couleurs habituelles des parisiens en vacances: peau blanche le matin, rouge vermillon le soir. Pour m'éviter d'être transporté au service des grands brûlés de l'hôpital du coin, Pépette a acheté un jerrican de lait anti-incendie (eux ils appellent ça après solaire) et m'a tartiné le dos et le ventre et les jambres et les bras et la tête... Alouette ! Mais je te jure que j'avais pas envie de chanter, crois-moi ! Je n'ai même pas réussi à passer une chemisette pour la nuit tellement j'avais mal. Alors, dormir à poil, brûlé au 3ème degré dans des draps pleins de sable, c'est jouissif, je te conseille pas d'essayer ! Putain, je m'en souviendrai de ce premier jour de vacances !

Les oeufs jolympiques

Publié le 09 août 2008

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Alors, Papy, vous avez vu la cérémonie d'ouverture des jeux de Pékin? C'était superbe, non? Vous allez pas critiquer, cette fois. C'est vrai fiston, mais les chinois peuvent nous dire merci parce que c'est quand même grâce à notre Président qu'ils se sont donnés tout ce mal. Qu'est-ce que vous racontez, Papy? Il n'y est pour rien, Sarkozy. Là, je suis pas d'accord avec toi, fiston. Les chinois, quand ils ont vu le beau défilé qu'il nous avait servi, Nico, ils se sont dit qu'il avait placé la barre vachement haut pour sa petite taille et que s'ils ne voulaient pas avoir l'air de truffes, ils allaient devoir se surpasser pour le coup. Un instant, ils ont été tentés de lui demander de leur prêter nos militaires mais ils ont eu peur que, emportés par l'enthousiasme, ils se mettent à défourailler dans la foule comme à Carcassonne. Remarque que 91000 morts d'un coup, pour eux c'était vraiment pas un problème. Non, le vrai problème, c'était tous ces journalistes que, sans réfléchir ils avaient invités sans leur confisquer leurs Nikon (du matériel japonais... Beuuuurk !) et leurs caméras de télé si difficiles à museler une fois qu'elles sont en marche. Même en Chine, la censure a ses limites et donc, ça se serait vu tout ce sang dégoulinant des gradins du stade flambant neuf. La meilleure solution aurait de remplir le stade avec 91000 tibétains ou avec 91000 journalistes de Reporters Sans Frontières ou à la rigueur moitié tibétains moitié journalistes de RSF. Pour les tibétains, pas de problème, ils avaient du stock dans leurs prisons, mais va rassembler 45000 journalistes de chez Reporters Sans Frontières, toi ! Je sais même pas s'ils les ont les 45000 adhérents ! Alors devant cette difficulté de camoufler cette opération de nettoyage en bavure carcassonnienne, ils ont préféré laisser tomber nos militaires et organiser à la va vite une cérémonie pour éclipser notre défilé du mois dernier. Dis, fiston, t'as vu comment ils marchent bien au pas de l'oie, les soldats chinois? Ca fout les boules, une telle rigueur, une telle discipline. Et puis, ça a dû rappeler des souvenirs aux plus anciens d'entre nous. Bons ou mauvais, c'est selon... Mais tout mauvais esprit mis à part, c'est vrai que c'était une belle cérémonie. Ce qui m'a le plus impressionné, c'était ces milliers de chinois qui frappaient en cadence sur des tambours avec des nems géants lumineux. Moi, même place d'Italie, je les ai jamais vus faire ça. Peut-être que c'est pas des vrais chinois qu'ils nous ont refilés dans le 13ème arrondissement. J'ai apprécié aussi les gars qui volaient tout autour du globe suspendus à des filins. Je me suis dit que cette image était peut-être prémonitoire, un peu comme si ils faisaient un état des lieux avant de devenir les maîtres du monde, ce survol de la planète, ou comme quand tu visites un appartement avant d'en devenir propriétaire. Non, c'est sûr qu'ils nous donné une leçon d'organisation d'une cérémonie et même notre 14 juillet pourtant si réussi ne lui arrivait à la cheville. Un moment, je me suis dit que tous les invités de Sarko, ils auraient bien donné leur place sur les Champs Elysées pour un billet dans le stade olympique et ils ont dû bien regretté de n'avoir pas été invités par le Président HU Jintao. Ils auraient bien patienté trois semaines pour assister à ce spectacle grandiose, tous ces démocrates partisans de l'amitié entre les peuples que sont Bachar el Assad, Ehoud Olmert, Mahmoud Abbas et consorts. Quand je pense qu'on veut créer une communauté économique voire politique avec tous ces esprits éclairés, ça laisse perplexe, tu crois pas fiston? Mais puisque le sport semble rapprocher les hommes et gommer les frontières, pourquoi ne pas organiser un tour de la méditerranée cycliste? Partir du Maroc de M6 (Mohammed 6), passer par l'Algérie de Bouteflika, dire un petit bonjour à Ben Ali, faire la bise à Muammar (Kadhafi), sans oublier leurs copains plus à l'est (déjà cités) et revenir chez nous par la Turquie, la Grèce, l'ex Yougoslavie et l'Albanie... Une belle épreuve sportive sûrement plus rock and roll que le Paris-Dakar, c'est moi qui te le dis ! Et là, je pense que les courreurs n'auraient pas besoin d'EPO pour rouler le plus vite possible ! Mais revenons aux oeufs jolympiques, comme disait Coluche. je suis bien content que la France n'ait pas été choisie pout organiser les prochains en 2012. Ben pourquoi vous dîtes ça, Papy? C'est pas sympa pour Delanoé et David Douillet. Non, tu ne me comprends pas, fiston. Après ce que nous ont montré les chinois, ça va être très dur de faire aussi bien. Ah ! On va bien rigoler quand on va voir les anglais se démener pour épater le reste du monde ! Qu'est-ce qu'on va se foutre de leur gueule, aux rosbifs ! Le Grand Charles, avec ses oreilles en chou-fleur et sa Camilla dans son tailleur made in 1910 et ses souliers à talons plats ! Ca va valoir le coup d'oeil, crois-moi. J'ai hâte de voir ça ! Les chinois nous auront impressionnés en 2008, en 2012 les anglais vont nous faire oublier tout ça à force de rigolade.

C'est quand qu'on arrive?

Publié le 05 août 2008

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Les vacances, c'est chouette ! Mais je vous déconseille de partir un samedi 2 août. Moi, pas con, j'avais anticipé les embouteillages et plus futé que le Bison du même nom, j'avais décidé de partir à 3 heures du matin pour passer peinard le péage de Fleury et précéder de plusieurs heures tous ces connards de vacanciers. mais tu connais Pépette?.. Jamais à l'heure quand c'est important, celle-là ! Les valises étaient même pas bouclées que j'étais déjà au volant sur le parking de la cité en train de faire "vroum vroum" avec ma bouche pour me mettre en situation avant la dure épreuve qui m'attendait sur l'autoroute du soleil. Donc, à 4 heures du matin, nous voilà partis moi, le chien et Pépette (dans l'ordre) et puis Riri, Fifi et Loulou, les canaris dans leur cage et Dimitri, la tortue. Bon, nous voilà partis... Ah, j'oubliais ! Y avait aussi les enfants de nos enfants, 3 affreux qui chialent en permanence parce qu'ils ont faim, parce qu'ils ont plus de Coca ou parce qu'à midi, ils veulent pas manger ce qu'on leur a mis dans l'assiette. Une horreur ! Bon, nous voilà partis. Dès les premiers kilomètres, j'ai été pris d'un doute. Cette idée de génie de partir à 3 heures... 4 heures du matin, on était 5 millions au moins à l'avoir eue alors, ça a démarré lentement... Très lentement ! A 6 heures et demie, on a été bloqués au large du péage de Fleury. Quand je dis au large, c'était vraiment au large ! On voyait même pas les barrières du péage. Et pour cause ! Elles étaient à 7 kilomètres devant nous quand on a été ralentis. Dis Papy, c'est quand qu'on arrive? Il fait chaud dans la voiture. Oui ben la clim elle marche pas. C'était soit je faisais réparer la clim, soit on partait en vacances. J'ai choisi, voilà ! Mais je m'énerve pas, j'explique aux gosses et toi, ne t'en mêle pas... Quand on est même pas capable de préparer des valises à l'heure, on ne la ramène pas ! Oui, Papy mais quand même, il fait chaud, dans la voiture. C'est quand qu'on arrive? Et puis le Coca est déjà tout bouillant. C'est quand qu'on arrive? A 7 heures et quart, j'ai pris le billet à la barrière de péage. Non, je n'ai pas l'abonnement Liber T parce que Pépette, elle dit que pour les rares fois qu'on prend l'autoroute, ça vaut pas la peine. Quelle emmerdeuse, celle-là ! N'empêche que pour une fois, j'aurais apprécié de me trouver dans la file de gauche et doubler tous ces cons qui poireautaient sous le soleil pour prendre leur ticket, ces cons. Hein? Oui, c'est vrai, j'y étais, moi aussi parmi les cons dont je parle. mais ça fait rien, comme je dis toujours, le voyage ça fait déjà partie des vacances. Et bien là, les vacances avaient vraiment commencé. On a atteint les 60-70 km/heure au bout de 10 bornes et on a maintenu cette cadence de fou jusqu'au péage de Villefranche. C'est dire ! Enfin, pas tout à fait. On a été bloqués une demi heure au kilomètre 122 et puis encore une demi heure de surplace au kilomètre 174 et je vous parle pas des blocages d'un quart d'heure minimum aux kilomètres 86, 155, 213 et 227. Papy, j'ai faim. C'est quand qu'on arrive? Et moi j'ai soif, Papy. C'est quand qu'on arrive? Moi j'ai pas faim, j'ai pas soif mais j'ai envie de faire pipi. C'est quand qu'on arrive? C'est vrai, il est midi passé. On pourrait peut-être s'arrêter un peu pour déjeuner et se dégourdir les jambes. Ah vous, les mioches, la ferme ! Et toi, ne la ramène pas ! Si on était partis à 3 heures du matin comme j'avais dit, on serait déjà arrivés à Saint Aygulf. Mais madame, il faut toujours qu'elle traine. Résultat Bientôt 13 heures et on aborde seulement l'agglomération lyonnaise... On s'arrêtera après le tunnel de Fourvière. Ah oui, je vous ai pas dit mais moi, pas con, je prends pas la déviation, ça fait 40 bornes de plus. Je traverse Lyon tout droit, ça va plus vite... Seulement ce jour-là, on était 2 millions de bagnoles à avoir eu la même idée. Ce bordel ! Pire que Paris centre depuis l'élection de l'inventeur des embouteillages 24 heures sur 24. Delanoé, qu'il s'appelle, ce fléau.
Papy j'ai faim. Papy j'ai soif. Moi, Papy, j'ai plus envie de faire pipi, j'ai fait sur la banquette arrière. Mais quand même, c'est quand qu'on arrive? Alors moi, sympa, j'ai stoppé sur l'aire de repos de Feyzin, près de la raffinerie. Ca puait ! Mais au moins, on était les seuls sur l'aire de repos. Toutes les tables de pique nique pour nous tout seuls ! On a mis 20 minutes à déplier le chien qui était roulé en boule sur la moquette depuis le départ. On a sorti la cage aux serins. T'aurais vu leurs gueules aux piafs ! Pépette a été obligée de leur faire le bouche à bec, à ces volatiles de mes deux. C'est la tortue qui était la plus fraiche parce que la gamine lui avait pissé sur la carapace et qu'elle avait roupillé pendant les 10 heures de la traversée de l'émisphère nord de la France. On a voulu sortir la glacière mais on l'avait fourrée tout en dessous des bagages. On a dû vider le coffre et déballer tout notre barda. T'aurais vu le spectacle ! Une Renault 5 bourrée jusqu'à la gueule de mioches pleurnichards, d'un clébard au pédigrée incertain, d'une cage à oiseaux cabossée et d'une tortue qui se faisait la malle en douce pour ne pas subir les moqueries des candidats vacanciers qui, maintenant qu'on était arrêtés filaient à toute vitesse vers le sud.. Et nous, au milieu de tout un bordel éparpillé sur le sol: trois valises dépareillées, 3 bouées Snoopy déjà gonflées pour pas perdre de temps devant la piscine du camping, 2 chapeaux de paille, un jeu de 5 boules "O'But" 5 parce qu'on en a perdu une l'année dernière au camping municipal de Palavas les Flots, deux raquettes de badmington sans le volant, un nounours tout mité, un éléphant Dumbo tout mité et la dodo toute mitée de la petite dernière qui ne voyage jamais sans sa dodo, 5 oreillers dans des sacs Auchan, des draps dans des sacs Carrefour, un poste de télé pour ne pas rater les jeux olympiques ni questions pour un champion et une glacière dans laquelle on trouvait tout ce qu'il fallait pour déjeuner sauf que, étant donné l'odeur des gazomètres tout proches, on avait tous la gerbe sous un soleil de plomb. Brèfle, encore une fois, le temps de tout remettre en place et on était repartis... Mais tu peux m'expliquer toi, pourquoi tant qu'on était arrêtés, les autres filaient à toute allure et maintenant qu'on était repartis, ça roulait au ralenti? Moi non plus, mais c'est comme ça. Bon. J'te raconte pas les bouchons entre Vienne et Chanas, entre Montélimar et Orange, entre Orange et Salon de Provence et entre Salon de Provence et Saint Aygulf. J'te raconte pas les files d'attente aux péages et aux stations service ni les "Dis, Papy, c'est quand qu'on arrive" serinés 217 fois au cours des 300 derniers kilomètres. J'te raconte pas non plus mes coups de gueule contre Pépette, ni les coups de gueule de Pépette contre moi. C'est ça les vacances. Et c'est chouette ! Toujours est-il qu'à 18 heures 30, on est arrivés au Camping des Flots Bleus où on avait retenu notre mobil home du Comité d'Entreprise de Pépette. Sauf qu'à la réception, à 18 heures 30, y avait 200 personnes qui attendaient pour se faire remettre les clés du leur, de mobil home. Pourvu qu'ils ne ferment pas la réception à 19 heures, ces tordus sinon on est bons pour dormir dans la voiture à 10 en comptant le chien, la tortue et les canaris... La tortue !.. On a oublié la tortue ! Et à feyzin, en plus ! La pauvre, elle supportera jamais les vapeurs d'essence jusqu'à ce qu'on repasse la prendre le 31 août !.. Remarque, si elle est aussi rapide qu'on le dit depuis Jean de La Fontaine, si ça se trouve elle est arrivée avant nous, la tortue et elle a déjà les clés de notre mobil home dans la poche de sa carapace et elle nous attend sous l'auvent devant 2 pastis glacés. Brave bête, va !