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P.S.G=Patinage Sur Glace

Publié le 08 janvier 2009

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Vous avez vu, Papy, les matches de la Coupe de France de foot sur les terrains gelés? Ca devrait pas être permis de faire jouer des matches dans des conditions pareilles, c'est inhumain! Et pourquoi pas? Ca change des matches habituels où on s'emmerde à cent sous de l'heure et comme les matches durent 90 minutes, on s'emmerde à 150 pour cent! Au moins là, c'était marrant et moi je trouve qu'on devrait renouveler l'expérience. Tiens, je vais te faire la démonstration que ça pourrait ramener les spectateurs devant leur télé ou dans les stades pour aplaudir tous ces millionnaires en culotte courte:
"Ici Pierre Fulla en direct de la Patinoire-Vélodrome de Marseille en compagnie de Philippe Candéloro - 'Bonsoir Philippe' - 'Bonsoir Pierre, je suis ravi d'être ici ce soir' - pour commenter, je vous le disais la rencontre entre l'Olympique de Marseille et le P.S.G. initiales qui, ce soir signifient non pas Paris Saint Germain mais Patinage Sur Glace! Rencontre qui compte pour la 19ème journée du championnat de France de Ligue 1 de football. En effet, notre vénéré Directeur des Sports, Daniel Bilalian a estimé que l'inévitable Jean-Michel Larqué n'était pas compétent pour couvrir un évènement sportif d'une telle importance. La rencontre de ce soir ne sera pas arbitrée par Gilles Vessières comme c'était initialement prévu mais par Alain Calmat ex champion olympique français de patinage artistique. Il sera aidé par deux arbitres de touches célèbres; j'ai nommé Luc Alfan et Marielle Goïtschel.
Les deux équipes se présentent sur ce qu'il serait convenu d'appeler 'la pelouse' si les Services Techniques de la ville de Marseille n'avaient fait un excellent travail de glaçage sur gazon protégé durant toute la semaine d'une importante couche de neige d'une vingtaine de centimètres. Autant dire que les conditions sont idéales pour un beau match de football on ice. Vous remarquerez que les 22 acteurs ne portent pas leur tenue aux couleurs habituelles de leur club mais ont troqué leurs shorts et leurs maillots les uns par un juste au corps noir à paillettes, les autres par une jupette plissé et un bustier orné de dentelles du plus bel effet, ma foi.
Le coup d'envoi vient d'être donné et immédiatement les parisiens se ruent à l'assaut du but défendu par Steve Mandanda. Jérôme Rothen vient d'enlacer Mamadou Niang et ces deux magnifiques athlètes se lancent dans une valse endiablée rythmée par la musique entraînante d'André Rieu. Oh! Ils se lancent dans une démonstration audacieuse pleine de grâce et de souplesse. Jérôme prend Mamadou par la taille et le soulève en tournoyant, ce qui semble ravir au plus haut point le public! Les juges seront-ils aussi enthousiastes? La réponse à l'issue de leur prestation mais, mon cher Philippe, on peut dire que le couple franco-africain a, dès le début de la compétition placé la barre très haut. Voilà qui devrait marquer durablement les esprits de leurs concurrents!
- "Tout à fait, Thierry, on n'attendait pas de la part de ces deux compétiteurs une prestation aussi gracieuse et d'une telle difficulté technique."
- "Mais voici qu'un autre concurrent se présente seul devant le but parisien. Il s'agit de Ban Arfa qui la joue personnelle, comme toujours. Il court balle au pied et juste avant la surface de réparation tente un double salto à vrille tournoyante du plus bel effet, ma foi et qui se termine par une superbe glissade de 17 ou 18 mètres... Superbe mais peu académique puiqu'il exécute cette glissade entièrement sur son arrière-train et les deux jambes en l'air! Quoiqu'il en soit, il pénètre dans le but avec le ballon toujours coincé entre ses genoux au grand désespoir de ce pauvre Landreau empêtré sur son snowboard. Quel est votre sentiment, mon cher Philippe?"
- "Tout à fait, Thierry, voilà une magnifique action très certainement travaillée à l'entraînement puisque, on le sait, l'équipe phocéenne a effectué son stage de préparation à Tignes."
- "Un but à zéro pour l'équipe locale. Voilà qui oblige l'entraîneur parisien à un coaching avisé. Et en effet, c'est Claude Makélé sort, remplacé poste pour poste par Surya Bonaly revenue de sa retraite sportive spécialement pour l'évènement. On sait bien que Paul Le Guen a fait appel à tous ses réservistes puisque outre Surya Bonaly, le banc parisien est occupé par Brian Joubert et Alberto Tomba qui a rejoint ses nouveaux coéquipiers durant le mercato d'hiver."
Voilà fiston ce que ça pourrait donner si le championnat de ligue 1 était un tant soit peu amusant. Mais chaque semaine ça se vérifie: on y court plus après les salaires gigantesques qu'après le ballon!

Bonnes fêtes, Papy!

Publié le 05 janvier 2009

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Ca y est, Papy, vous pouvez sortir, ils sont partis!.. Papy, ils sont partis, je vous dis, vous pouvez sortir! Ne faites pas l'enfant, Papy, il faut libérer la niche du chien maintenant, il se gèle les couilles, Médor depuis 5 jours qu'il dort dans la neige et le froid. C'est vrai, fiston? Tu dis pas ça pour me faire plaisir? Ils sont tous partis? Vraiment? Mais oui Papy. Maintenant qu'il n'y a plus rien à bouffer et qu'ils ont vidé votre cave il n'y a plus personne. Ah les saligauds! Ah les profiteurs! Ah les pique-assiettes! Chaque année c'est pareil. Des gens dont je n'entends pas parler pendant onze mois et demi se souviennent soudain qu'ls ont un cousin avec une grande maison, une cave commack et un congel bourré jusqu'à la gueule. Et tu les vois débarquer, le sourire vicelard, le regard inquisiteur et qui me souhaitent très fort une bonne année, un joyeux noël mais en pensant tout bas: "j'espère qu'il a bien rempli son frigo le Papy et qu'il a reconstitué sa cave à l'identique, ce vieux grigou... parce que l'année dernière, on leur a souhaité leur fête à ses champagnes millésimés, ses bordeaux prestigieux et ses cognacs hors d'âge. Il est con, Papy mais il sait choisir ses pinards, on peut pas lui enlever ça." Et moi chaque année je jure qu'on ne m'y prendra plus et que l'année prochaine ils trouveront porte close parce que je serai parti fêter la nouvelle année aux Seychelles, à Bagdad ou à Ouagadougou. N'importe où pourvu que ce soit ailleurs. Loin de ces voraces, de ces sans gêne! T'as déjà vu à la télé ces camions de vivres qui arrivent dans les camps de réfugiés au Darfour ou au Bangladesh, comment ils sont pris d'assaut par ces pauvres gens qui manquent de tout? Et bien ces malheureux ont plus de dignité que mes piranhas de reveillons! D'abord ils se dirigent vers le bar aux alcools histoire de vérifier que j'ai de quoi de leur rincer la dalle pendant la semaine qu'ils se sont promis de rester. "Si ça dérange pas, bien sûr, à la bonne franquette hein Papy, comme d'habitude. Faut pas se gêner avec nous surtout. Est-ce qu'on se gêne, nous? Sauf que cette année on pourra pas dormir dans le Clic-Clac comme les autres années parce que Simone a une de ces sciatique qui la fait souffrir... Je vous dis que ça!" Bon, le Clic-Clac ça a été pour Pépette et moi. "Dites, papy vous avez vu la pub de Carrefour sur les whisky single malt? Ils les font à prix coûtant du 23 décembre au 23 décembre et comme justement on est le 23 décembre, moi et Jojo on a pensé qu'on pourrait vous y conduire pour vous aider à choisir les meilleurs (entendez les plus chers), des merveilles dignes de votre réputation (entendez de notre palais délicat de profiteurs sans scrupules). Et le foie gras, papy j'espère que vous l'avez pas acheté au même endroit que l'an dernier parce que le gamin a été malade." Ca je m'en rappelle, j'ai dû changer la moquette de la chambre et j'ai même dû lessiver les murs et le plafond parce qu'il a la gerbe dévastatrice ce petit monstre boutonneux! Il est moche, en plus! Et cette année c'était le bouquet, ils lui ont fait poser un appareil dentaire... On dirait Hannibal Lecter! Même le chien a eu peur. Il rasait les murs, Médor, la queue entre les jambes. Il n'osait pas croiser nos regards le pauvre, de peur d'attirer l'attention de ce rescapé de la préhistoire, de ce descendant de l'Homme aux Crocs Mignons. Et à la première occasion, il a couru se réfugier dans sa niche au fond du jardin parce qu'une dentition pareille devait trop lui rappeler le pitbull du voisin qui lui a filé une raclée un matin de septembre. Enfin je me suis dit que si ça peut l'empêcher de bouffer (pas le chien, l'hydrocéphale en costume marin) ça me fera toujours faire des économies et ça c'est pas mauvais en ces temps de crise. Remarque ils ont du savoir vivre, les invités perpétuels. Tiens moi, par exemple ils m'ont offert un cure-pipe... Un cure-pipe!.. Je sais même pas à quoi ça sert, un cure-pipe. A curer des pipes, peut-être? Un cure-pipe à moi qui ne fume plus depuis juin 1972! Pépette, elle, elle a eu droit à une pochette en plastique contenant douze bigoudis... de chez Marionnaud. Cadeau publicitaire? Ca ne m'étonnerait pas de la part de ces sagouins! T'aurais vu la tête de ma bergère, quand elle a déballé ses bigoudis de toutes les couleurs! "Oh comme c'est original" qu'elle a minaudé, l'hypocrite "ça fait des années qu'on ne m'avait pas offert des bigoudis multicolores." Je sais même pas si on va trouver preneurs pour un cure-pipe et douze bigoudis au prochain vide greniers. Ni combien ça peut se revendre des horreurs pareilles! Et puis eux, faux culs comme c'est pas permis: "cette année Papy, on a pas apporté notre linge de toilette parce que l'an dernier on avait oublié une serviette éponge chez vous. Heureusement qu'on s'en est apperçus avant qu'on soit trop loin mais ça nous a obligés à faire demi tour et que Madame Pépette a dû vider toute son armoire pour nous la rendre. Alors, comme on aime pas déranger, cette année on utilisera les vôtres, ça sera plus simple..."
Bon fiston, j'arrête, sinon tu vas croire que je n'aime pas la magie des fêtes de fin damnée (pardon, de fin d'année) où se révèlent la générosité des coeurs et la fragilité des foies et où la grande fraternité des hommes trouve vraiment à s'exprimer dans l'écartèlement d'une dinde aux marrons qui doit bien regretter le temps béni des Saturnales Romaines où c'étaient les humains qui servaient de repas de fête aux lions du cirque.

Big Apple fort et vert (N.Y. pour toujours)

Publié le 20 décembre 2008

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C'est vrai, Papy que vous êtes allé aux States? Où ça? Aux States. Pas du tout, je reviens de New York. On se demande où tu prends tes informations, fiston! Et alors, Papy, New York, c'est comment? La grosse pomme fiston, c'est grandiose. Et pour la bouffe, Papy, vous avez aimé? Vous avez supporté, surtout? La bouffe? Laisse-moi rire, ils font tout comme nous là-bas: Mac Do et Pizza Hut à tous les coins de rue. Ah non, on n'est pas dépaysés et puis quand t'en a marre des hamburgers, tu te rabats sur les nems et le riz cantonnais. Tout comme chez nous, j'te dis! Remarque, c'est normal qu'ils nous copient parce que la France c'est quand même le pays de la gastronomie. Mais New York c'est pas vraiment comme à Paris. Là-bas, des Champs Elysées y'en a partout: des avenues longues et larges comme ça, ça devrait pas être autorisé quand on n'est pas motorisé. Tu marches, tu marches et comme y a rien qui ressemble plus à une tour qu'une autre tour, tu te paumes facilement. Et puis pour demander ton chemin, c'est pas facile-facile, ils parlent pas un mot de français ces cons! Heureusement qu'avec la petite Fanette qui fait anglais première langue en classe de sixième j'ai pu m'entrainer un peu avant de partir sinon j'aurais eu du mal à communiquer. Tiens, pour te donner une idée, je cherchais la route pour aller au World Trade Center. J'ai demandé à un flic "esquiouze mi, Mister le keuf, ouaire ize the tours jumelles?" (traduction: excusez-moi, Monsieur l'agent, où sont les twin towers?). Je sais pas s'il a senti un léger accent étranger dans ma voix ni ce qu'il a pensé (je sais même pas si ça pense un flic américain) mais il m'a tout de suite demandé mon passeport d'un air soupçonneux et comme il était au fond de mon sac à dos (pas le flic, mon passeport), il a commencé à s'impatienter (le flic, pas mon passeport) et j'ai vu le moment où il allait me foutre sur la gueule avec sa matraque coudée. Comme quoi, flic américain ou flic français, c'est partout les mêmes, ils forment une grande confrérie internationale qui fait qu'on n'est pas vraiment dépaysés de ce côté-là non plus et que même à l'autre bout du monde on se sent un peu chez soi. Il m'a quand même embarqué et après avoir vérifié que je n'avais aucun lien avec la famille Ben Laden, il m'a expliqué comment aller au W.T.C. mais il a parlé tellement vite que j'ai rien compris. Là-bas ils disent en deux secondes trois dixièmes une phrase que nous on met trois minutes et cent vingt trois secondes à baragouiner. Ah ca, ils parlent vite anglais, les ricains! Je sais pas s'ils le parlent bien mais ils le parlent vite, les vaches!
Le lendemain, comme j'étais pas plus avancé, j'ai cherché de l'aide ailleurs. Tu sais que depuis George W, l'Amérique c'est un peu le pays de Dieu, "God country" comme ils disent. Voilà pourquoi j'ai demandé à un groupe de religieuses qui faisaient la quête pour aider les pauvres, soit disant. Je me suis dit que les âmes perdues c'était un peu leur spécialité, leur fonds de commerce. J'ai choisi celle qui me paraissait la plus sympa, j'ai fait mon sourire le plus angélique et je lui ai dit "hello, soeur, aïe gros trou the tours jumelles, baye where dois-je going?" (traduction: bonjour ma soeur, je vais aux twin towers, par où dois-je aller?) Je ne sais pas si c'est l'expression "ail gros trou the tours jumelles" ou le fait que je l'ai appelée "soeur" qui ne lui a pas plu mais elle a commencé à renâclé vilain, la pingouine en cornette. Elle a appelé à la garde et la foule s'agglutinait autour de nous. Je n'ai dû mon salut qu'en lui refilant le premier billet de 100 dollars qui me venait sous la main. Ca les a toutes immédiatement calmées, les saintes femmes et c'est aussi à ça qu'on voit que la famille humaine est un peu partout la même: le seul moyen de s'attirer les bonnes grâces des représentants de Dieu, c'est encore de se montrer généreux... Comme chez nous. Elle m'a renseigné tellement vite que là encore j'ai rien pigé. Alors j'ai marché... De la 42ème rue à la 7ème avenue, puis de la 5ème avenue à la 33ème rue, puis de la... J'arrête, ça me donne le tournis tous ces numéros. Remarque, j'aurais dû les noter, ça m'aurait aidé pour mon prochain loto! Brèfle au bout de deux jours, toujours pas de tours jumelles.
Le troisième jour, j'a pas voulu abandonner alors j'ai demandé à un noir dans le métro. Entre gars du peuple on devrait pouvoir s'entraider, non? Ou alors c'est à désespérer de tout. Et bien crois-moi, fiston on peut désespérer de tout! Tu sais que pour moi les blacks se ressemblent tous. J'arrive même pas à distinguer Forest Whitaker de Rama Yade alors tu penses si j'ai fait attention. J'ai bien dévisagé tous les noirs qui montaient dans mon wagon, des fois qu'il y aurait Barack Obama parmi eux. parce que moi Obama ils m'inspire confiance. Je sais pas pourquoi mais j'arrive pas encore à me méfier de lui, c'est trop tôt. C'est peut-être parce qu'il a pas encore commencé à régner mais je lui fais confiance. Comme à Sarkozy le jour de son élection, en mai 2007, sauf que pour Sarko, dès le lendemain je commençais à douter et que deux jours plus tard je ne doutais plus du tout: on s'était fait avoir. Brèfle Obama... Tu vas pas me croire mais je ne l'ai pas vu dans le métro new yorkais, le Black Messie! Je voudrais pas lui casser la baraque à Obama (oui je sais, c'est facile. Même les ricains ça les a pas fait rire) mais pour un démocrate c'est pas fort. Nous, nos démocrates, je suis sûr qu'ils prennent le métro tous les jours pour se rendre à l'Assemblée Nationale. Bon d'accord, Fabius je l'ai jamais rencontré sur Porte d'Orléans/Clignancourt et jack Lang non plus. Même Besancenot il doit pas prendre la même ligne que moi ou alors ses horaires diffèrent. Donc le premier noir que j'aborde, j'ai même pas eu le temps de lui sortir mon "esquiouze mi, blacky" qu'il m'avait déjà braqué sur le bide un flingue long comme un discours de Benoît 16 mais beaucoup plus évoquateur. Je me suis dit que lui aussi il quêtait pour ses pauvres mais comme je m'était déjà fendu de 100 dollars la veille, je lui ai tendu un beau billet de 1 en lui disant avec mon plus beau sourire: "do not thank you to mi, mister, it is de good coeur" mais il a pas dû saisir toute la beauté de mon geste parce qu'il m'a arraché mon larfeuille et s'est barré tellement vite que j'ai cru avoir rêvé. Là j'ai fait une autre découverte fiston, c'est que les athlètes noirs américains, c'est dans le métro qu'ils s'entrainent pour la médaille d'or des prochains J.O!
Et bien tu me croiras si tu veux fiston mais en cinq jours j'ai jamais pu les voir, les tours jumelles. Si ça se trouve, elles existent même pas et c'est une arnaque pour attirer les touristes français et les milliardaires saoudiens.

Le père noël est dangereux pour ma planète

Publié le 07 décembre 2008

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Ca y est, fiston, nous voilà arrivés à la période de l'année où je me sens plus écolo que la plupart de mes contemporains. Qu'est-ce que vous voulez dire, Papy? Et bien, onze mois sur douze, j'entends les recommandations des amoureux de la nature afin de protéger la terre du gaspillage et toute l'année je me sens coupable... Mais coupable, tu peux pas savoir! Tiens, par exemple, les mails que je reçois, j'ai l'habitude de les imprimer pour les archiver et trois semaines plus tard, je les balance à la poubelle. Alors j'entends dans ma tête une petite voix qui me dit "t'as pas honte, Papy, espèce de saligaud? Tous ces arbres qu'on a dû abattre pour assouvir ton besoin d'archivage et voilà que tu jettes le papier à tour de bras! Et moi, bien sûr que j'ai honte de toutes ces forêts qu'on détruit, victimes de mon égoïsme. Je n'ose plus regarder les gens dans les yeux parce que je me dis que si la verdure disparaît, si l'oxigène vient un jour à leur manquer, je serai le seul responsable. Et je suis sûr que les autres habitants de la terre eux, font bien attention à ne pas gaspiller le bois comme je le fais impunément. Et soudain, qu'est-ce que je vois-je? Des centaines... Que dis-je des centaines, des milliers de sapins qu'on a abattus, tronçonnés, déracinés pour y accrocher des décorations toutes plus kitches les unes que les autres et qui dès janvier viendront enlaidir nos trottoirs pire que les déjections canines. Tu te rends compte, fiston, ces tonnes d'oxygène dont vont devoir se passer les générations futures uniquement pour permettre aux hommes d'aujourd'hui de célébrer l'anniversaire d'un personnage de l'antiquité dont beaucoup n'ont jamais entendu parler et auquel la plupart ne croient même plus? Mais papy, vous ne pouvez pas nous gâcher la magie de noël, tout de même. Noël, c'est magique pour les enfants. Vous ne respectez rien, voilà! Magique pour les enfants? Peut-être, mais quand ils développeront des cancers de la peau parce que la couche d'ozone est trouée pire que la mémoire de nos hommes politiques une fois élus, tu iras leur expliquer, toi qu'on a permis ça pour leur faire vivre des moments de rêve avant le cauchemard.
Et puis tu as pensé au génocide qui se prépare chez les populations à plumes des élevages industriels? Toutes ces dindes, oies, poulardes qui vivent depuis leur naissance dans le couloir de la mort en attendant l'holocauste! Toutes ces volailles qu'on gave, qu'on engraisse de force pour mieux leur arracher le foie qu'on nous servira bien gras sur un lit de salade (la salade, c'est pour nous donner bonne conscience à nous qui aimons la nature). Ce n'est pas pour le plaisir des enfants qu'on massacre, c'est bien pour notre ventre à nous, les adultes. Les gosses, si tu veux leur faire plaisir, emmène-les au Mac Do et offre leur un vulgaire hamburger sans leur raconter ces milliers de bêtes à cornes qu'on massacre aussi... Ca pourrait perturber leur digestion.
Tiens, toute l'année je fais gaffe de ne pas gaspiller l'énergie. Je règle le chauffage au minimum, j'éteins les lumières à chaque fois que je quitte une pièce. J'oblige même Pépette à faire pipi dans le noir. Moi non, sinon j'arrose tout le carrelage! Et puis pour mes autres occupations dans le lieu d'aisance, j'ai l'habitude de me munir d'un bon bouquin, d'un recueil de mots croisés ou de sudoku, ça m'inspire la tripaille. Et là, regarde autour de toi, partout des milliers de lumières qui brûlent dès 16 heures jusqu'à l'aube du lendemain. Des sapins géants bariolés de guirlandes lumineuses qui clignotent toutes les deux secondes. Ca consomme pas, ça? Ou alors, si ça, ça ne consomme pas, c'est que tout le reste de l'année, quand on nous dit de faire attention, on nous prend pour des cons avec leurs conseils à la mords-moi le...! Mais, papy, dans beaucoup de grandes villes, et notamment sur les champs Elysées, les illuminations sont peu énergivores car on utilise des leds. Des laides? Non, Papy, pas des laides, des leds. Quoi? tu veux dire qu'on brûles des laides pour éclairer les rues, comme à Rome au temps de Néron? Mais vous débloquez, Papy! Je vous explique un point de technique et vous délirez sur la Rome antique. J'ai dit des leds, L-E-D-S. Et alors, fiston, qu'est-ce que ça change? Tu crois vraiment que des millions de leds qui brûlent 16 heures sur 24 pendant presque deux mois, c'est gratuit? C'est ça qui serait le vrai miracle de noël, crois-moi! Et puis, à qui ça profite, toutes ces orgies de lumières sinon aux commerçants qui veulent nous faire croire que nous faisons des économies à chaque fois qu'on sort notre carte bancaire chez eux, attirés par les lumières comme des papillons de nuit. Même les municipalités vertes s'en donnent à coeur joie de la gabegie! Ah! on ne l'entend pas beaucoup Nicolas Hulot! Et Noël Mamère? Où qu'il est, le Noël pour noël? Même la crise ne nous aura pas arrêtés, cette année. faut dire que ces dernières semaines, on nous a tellement habitués à distribuer des milliards d'euros qu'on se dit qu'un peu plus ou un peu moins... Alors, comme l'année dernière, on va acheter des tas de trucs inutiles sur les marchés de noël, on va surcharger les déchèteries d'emballages de plus en plus luxueux, donc de plus en plus chers et re-donc de plus en plus difficiles à recycler et dès janvier, on va encombrer nos rues de squelettes de sapins jaunâtres qui nous feront horreur et on ira soigner nos crises de foies avec des cachets effeverscents qu'on ira vite se faire rembourser sans crainte de creuser un peu plus le trou de la Sécurité Sociale. Remarque si tout le monde trouve ça normal, je vois pas pourquoi je me mets la rate au court bouillon!
Résumons-nous: la pollution chaque année un peu plus dangereuse, des volailles vérolées et des familles chaque année un peu plus endettées. La protection sociale qui s'enfonce et la facture pétrolière qui s'envole... Bonnes fêtes, les enfants!