Papy, vous l'avez eue votre réponse à la question "Médouki viennent, tous ces milliards?" En fait, la France ne va pas se ruiner avec cette crise parce nous, pas cons, on injecte des milliards d'euros virtuels. Ah ouais? Et la crise, elle est virtuelle aussi, peut-être? Parce que des euros virtuels pour régler une crise réelle, moi ça m'étonne un peu. Ou alors, nos gouvernants continuent de nous prendre pour des neuneus! Enfin réfléchis, fiston. Il y a quelques semaines on nous rassurait en disant que notre système bancaire était moins vulnérable que celui de ces crétins d'américains et que la crise l'épargnerait parce que la stabilité des banques françaises reposait sur les dépots de leurs clients et surtout pas sur la finance internationale avec ses subprimes et ses investisseurs suicidaires. Bon, on a bien voulu gober ça. mais là où j'ai eu un doute, c'est quand j'ai vu notre Président se démener comme ça. Je me disais à quoi bon faire tout ce foin si nous on ne craint rien? Et bien, Papy, c'est parce que pendant 6 mois Sarkozy n'agit pas seulement au nom de la France mais de l'Europe tout entière et puisque les autres pays sont moins futés que nous il nous faut leur apporter notre science de la haute finance. Bon, si on veut mais alors pourquoi les autres pays n'en veulent pas de nos plans? Angela Merkel se fait tirer l'oreille et Gordon Brown et tous les rosbifs derrière lui n'en font qu'à leur tête et se tricotent un plan à eux sans attendre les copains. Et les hollandais et les belges qui volent au secours de Fortis et la bradent à la BNP et Dexia sauvée par la Belgique et la France avant même l'adoption d'une politique commune. C'est normal, ça?
Et puis qu'est-ce que c'est des milliards d'euros virtuels? Moi, toujours à l'affut de l'information, je suis allé au guichet de ma banque et j'ai demandé qu'on me montre un euro virtuel. Pas des milliards d'euros, non un seul euro virtuel, une seule pièce pour voir si elle est blanche et jaune comme l'euro réel. Et bien rien! Peau d'zob! Le guichetier a été infichu de m'en montrer une. Tu te rappelles, fiston au changement de monnaie, on trouvait partout des albums collectors où on pouvait coller les pièces de tous les pays de la zone euro. Je me demande si on ne va pas devoir y rajouter une page pour les euros virtuels que personne n'a encore jamais vus. Ensuite, je suis allé à la Perception et j'ai demandé à parler au chef de service pour lui proposer de payer mes impôts avec des euros virtuels, histoire de constituer un stock pour aider ces pauvres banquiers qui pourtant ne craignaient rien... Il a pas été enthousiaste, le percepteur! Et pourtant c'est ses patrons qui ont eu l'idée. Il pourrait être un peu respectueux de la hiérarchie, ce fonctionnaire plus sceptique que zélé! Ceux qui ont été sceptiques également, c'est les patrons de la Caisse d'Epargne qui ont dû juger que cette histoire de milliards virtuels c'était bidon et ont préféré utiliser les bonnes vieilles méthodes d'investissement qui ont amené le système financier mondial là où il est, c'est à dire au fond du goufre. Comme, à l'instar de tous leurs collègues ils n'accordent qu'une confiance limitée au plan de sauvetage concocté dans l'urgence, Ils ont cherché à se débrouiller tout seuls... avec le résultat que l'on connaît: 695 millions d'euros partis en fumée! Et pas des euros virtuels, ceux-là, des euros bien réels, de ceux qu'on n'utilise pas pour sauver un système moribond parce qu'ils sont devenus introuvables. Je suis allé au guichet de l'écureuil et je leur ai dit de ne pas s'inquiéter d'abord parce qu'ils font partie du seul système bancaire qui ne craint rien (Sarko et Lagarde dixit) et ensuite parce qu'on va les renflouer avec des euros virtuels pour remplacer les euros réels qu'ils ont gaspillés. Ils ont pas été enthousiastes non plus, les employés à l'idée de recevoir leurs prochains salaires en monnaie virtuelle alors que leurs charges, leurs dettes et leurs loisirs ne se paient pas virtuellement, eux! Pourtant c'est une idée de génie de notre génial Président, les euros virtuels. Même le roi des faussaires n'y aurait jamais pensé!
Mais, Papy, ces euros virtuels comme vous dîtes, ils ont une vraie valeur puisqu'ils sont accompagnés de la garantie de l'état français. Et ça, fiston, tu crois que ça rassure?.. Moi, quand j'ai proposé de payer mes impôts en euros virtuels, c'était, bien entendu assorti de ma garantie personnelle et j'ai fait remarqué au percepteur que même si je ne suis pas riche, je suis quand même bien moins endetté que la France. Il a pas été convaincu, Césarin! Ressemblant en cela aux bourses du monde entier qui continuent de jouer au yoyo et se retiennent de laisser éclater leur joie devant la trouvaille de nos cerveaux ministériels. Ingrats, tous autant qu'ils sont!

