Pas besoin d'une occasion particulière pour aborder un de ces éternels débats du football : l'arbitrage vidéo.

Mais Michel Platini nous en donne néanmoins une, d'occasion. Il a abordé le sujet dans une déclaration récente, et se prononce clairement contre l'utilisation de la vidéo pour l'arbitrage des matchs de football.

Pourquoi ? Dans le désordre :
A cause du brouillard et/ou des fumigènes : c'est recevable. Disons alors que l'usage de la vidéo doit être possible uniquement si on voit quelque chose.
Parce que le football américain, précurseur en la matière, n'a plus recours à la vidéo. Et alors ?
Parce que ça permettra de continuer à "parler" des erreurs d'arbitrage. Dieu que c'est démago.

Au fond, comment expliquer la résistance des instances du football au recours à la vidéo ? On ne voit pas de raisons vraiment objective. Mais voici néanmoins un florilège des arguments contre.

La vidéo n'est pas infaillible. Selon l'angle on peut en tirer de mauvaises conclusions. Certes, la vidéo n'est pas infaillible, mais personne ne le prétend, et personne ne peut être dupe : elle apporte incontestablement à l'arbitre un éclairage supplémentaire en cas de doute.
Je repense au tacle de Réveillère sur Wendel dans le dernier Lyon-Bordeaux, qui méritait amplement un exclusion. Un arbitre vidéo aurait pu indiquer à l'arbitre dans on oreillette que le geste était dangereux. Les images que les téléspectateurs ont vue ne laisse pas de place au doute. L'arbitre aurait ainsi pu prononcer une sanction plus lourde, et appropriée, en étant mieux informé.

La vidéo pourrait "hacher" le jeu par des interruptions incessantes. Oui, si l'arbitre en abuse. Mais il n'y a pas de raison objective pour que le jeu soit plus haché avec la vidéo. Au contraire, l'anti-jeu, la simulation et les comportements dangereux devenant plus strictement réprimés, les joueurs devraient être grandement incités à jouer plus régulièrement. Il est certain que ça se traduirait par une avalanche de cartons, le temps que les comportement se corrigent, mais c'est pour le meilleur.

C'est le lobby de la télévision qui veut pouvoir contrôler le jeu. Qu'est-ce qu'il ne faut pas entendre. Nous avons tous intérêt, joueurs, spectateurs, téléspectateurs, à ce que le jeu soit moins pollué par les problèmes d'arbitrage, et les comportements qui en résultent.

Le rugby s'est mis à la vidéo, parce que c'est un sport qui accepte d'évoluer. Et somme toute, on n'a pas l'impression que le sport ait été particulièrement dénaturé par cette méthode d'arbitrage. Espérons que le foot finira par accepter un peu de modernisme.