La drôle de guerre du prince Harry
C’est une belle histoire telle que les aiment nos amis Britanniques, avec une morale édifiante exaltant les vertus patriotiques, le flegme insulaire et la bravoure nationale. Même s’il s’en défend avec force, le prince Harry de Galles, fils cadet du prince Charles et de la défunte princesse Diana, est devenu un héros pour ses compatriotes.
C’est une belle histoire telle que les aiment nos amis Britanniques, avec une morale édifiante exaltant les vertus patriotiques, le flegme insulaire et la bravoure nationale. Même s’il s’en défend avec force, le prince Harry de Galles, fils cadet du prince Charles et de la défunte princesse Diana, est devenu un héros pour ses compatriotes. Non qu’il se soit comporté de manière plus exemplaire que ses quelque sept-mille-huit cents autres camarades envoyés en mission contre les talibans en Afghanistan, mais son exemple conforte l’Angleterre dans ses valeurs, rehausse le prestige de l’armée et de la couronne et attire l’attention des médias sur les opérations difficiles de l’armée britannique en terrain miné. Jamais l’affaire n’aurait été ébruitée si un site internet américain « Drudge Report » n’avait dévoilé le pot aux roses – c’est le même site qui avait révélé l’affaire Monica Lewinsky, allez comprendre la ligne éditoriale ! – en étalant sur la place publique la présence depuis le mois de décembre du prince Harry, troisième dans l’ordre de succession au trône, autrement appelé sous-lieutenant Wales du régiment des Blues et Royals – nom de code « Veuve 6-7 » - dans la province de Helmand au sud de l’Afghanistan. Personne n’en aurait rien su avant le mois d’avril si l’on avait éventé le secret. Car la presse britannique avait signé un accord de confidentialité avec le Ministère de la Défense pour protéger la sécurité du jeune prince de 23 ans. Et surtout, il ne voulait pas qu’on lui refasse le coup de l’Irak où le chef d’Etat major refusa de l’envoyer en mission en avril dernier pour raisons de sécurité, provoquant chez le prince une frustration et une amère blessure d’amour-propre.
Mais à peine l’information circulait-elle que la presse a publié d’un seul coup toutes les photos que les reporters avaient rapportées de sa base militaire, publié tous les entretiens que Harry avait accordés et diffusés sur les ondes les interview radio et télé, prix à payer du silence des médias jusqu’en avril. L’embargo ayant sauté, les médias se sont rattrapés. Et c’est à croire que le prince Harry a passé plus de temps à poser sur une mitrailleuse, en train de jouer au rugby, à table avec ses camarades menant une « existence normale » comme il s’en félicita... et à répondre aux questions des journalistes venus l’interroger sous couvert du black-out qu’à effectuer des missions de couverture aérienne des troupes au sol ! Car alors que Harry était contraint de rentrer en Angleterre, devenu une cible pour les Talibans, le prince autrefois décrié pour sa tendance à la soûlerie, au coup de sang contre des paparazzis, à ses virées nocturnes surpris en fumant des joints – sacré Harry pétard ! – sans parler de cette soirée où on le vit arriver déguiser en uniforme nazi, s’est refait une virginité dans un pays qui vante son « dévouement patriotique » et sa « bravoure ».
Belle opération en vérité pour le prince à la vie dissolue, pour l’armée et ses missions sur laquelle se penche enfin une nation reconnaissante, et pour la famille royale dont chacun mesure ainsi l’utilité sur le terrain, plus que son rôle décoratif. Et qui oserait prétendre que Harry de Galles s’est vraiment racheté une conduite ? Il suffit de lire les commentaires sur sa drôle de guerre. « Je n’ai pas pris de douche en quatre jours, pas lavé mes vêtements de la semaine et tout me semble parfaitement normal, je suis avec une bande de mecs normaux » a-t-il déclaré, laissant peser des doutes sur l’hygiène des Anglais « normaux », glissant qu’il ne manquait pas d’alcool, et qu’il était fier de servir au front « plutôt que de glander à Windsor », ajoutant « de manière générale je n’aime pas tant que ça l’Angleterre et vous savez, c’est sympa d’être à l’écart des médias et de toutes les conneries qu’ils écrivent ». Voilà qui devrait casser son image de héros national. Sous l’uniforme, le vrai Harry n’a pas vraiment changé.
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Commentaires (1)
elo2906 | il y a 9 mois
arrêtez de taper sur Harry, c'est un gentil garçon et courageux