Pauvre petite fille riche
Cette semaine, Stéphane Bern sur l'épidémie de cures de désintox qui touchent les jeunes starlettes américaines.

Les étoiles pâlissent Boulevard du Crépuscule, à Los Angeles. C’était fatal quand on songe que des milliers de touristes piétinent tous les jours les étoiles gravées dans le bitume de l’Allée de la Célébrité sur Hollywood Boulevard. Portée au nues par l’industrie du disque comme l’une des artistes féminines ayant vendu le plus d’albums dans le monde, Britney Spears, titrée « princesse de la pop » par la vox populi, n’en finit plus de descendre aux enfers. Elle pourrait maintenant être contrainte d’arrêter sa carrière pendant au moins trois ans, c’est du moins le conseil que lui ont donné ses parents James et Lynne Spears si elle veut se voir rendre la garde de ses deux enfants Sean Preston Federline et Jayden James Federline dont elle est privée depuis octobre 2007.
Chanteuse, danseuse, actrice et compositrice, elle a déjà endossé à 26 ans toutes les casquettes, volant dès l’âge de 11 ans vers le succès, sans imaginer qu’un jour sa bonne étoile se retournerait contre celle qui n’a eu d’autres valeurs que celle de l’argent – elle aurait amassé une fortune de cent millions de dollars – et de la performance avec un total de quatre-vingt trois millions d’albums vendus en près de dix ans. Après des débuts prometteurs, l’adolescente sage se métamorphose en 2001 en star du R&B sulfureuse et sensuelle, bien loin de « baby one more time » pour chanter « I’m a slave 4U » (je suis une esclave pour toi » alors que sort sur grand écran « Crossroads ». De fait, Britney Spears est à la croisée des chemins. Sans repères, livrée à elle-même et à des managers avides de pressurer le fruit magique comme un citron, elle choisira la pire voie. Désormais, roulant à tombeaux ouverts dans une impasse, elle vendra moins de disques mais plus de papier, transformée par son attitude irresponsable en bonne fée des paparazzis, en valeur sûre de la presse de caniveau, et en bad girl dont l’Amérique suit avec passion les débordements publics et privés.
Il est vrai que son parcours est erratique. Après une liaison de quatre ans avec l’ancien chanteur du groupe NSYNC, Justin Timberlake, Britney devient l’épouse en 2004 à Las Vegas de son ami d’enfance Jason Alexander... pendant seulement cinquante-cinq heures mais, désaoulée, elle se remarie la même année avec Kevin Federline qu’elle avait rencontré trois mois auparavant. L’Amérique puritaine se choque qu’elle vole ainsi le compagnon de Shar Jackson alors enceinte du deuxième enfant de Kevin Federline. Faut-il vraiment poursuivre dans l’énoncé de ce glorieux palmarès ? Divorce, consommation de drogues, symptômes de dédoublement de personnalité, déclarations peu amènes sur ses consoeurs Amy Winehouse ou de Beyoncé, conduite en état d’ivresse sans ceinture de sécurité, attitudes irresponsables et peu maternelles avec ses deux enfants Sean Preston et Jayden James... Britney se voit ôter la garde de ses enfants et même privée de visites.
Mieux, sur le chemin de la déchéance, la chanteuse doit être internée le 31 janvier dernier dans un hôpital psychiatrique – événement suivi par une escouade de voleurs d’images mobilisant une garnison de policiers en uniforme ! – et placée sous curatelle par le juge Reva Goetz tandis que l’on assistait à une bataille rangée entre le père de la star d’un côté, son manager Sam Lutfi et son avocat Adam Streisand de l’autre, pour contrôler la fortune de cette poulette aux oeufs d’or. Las, il n’est pas de jour sans qu’une indiscrétion croustillante, une révélation sulfureuse, ne vienne davantage entacher ce qu’il reste de prestige à Britney Spears. Ne vient-on pas d’apprendre qu’elle avait profiter d’un court séjour au Mexique, en janvier, pour convoler avec l’un de ses pires bourreaux, le paparazzi Adnan Ghalib qui, non content de vendre au plus offrant des photos intimes de Britney pendant sa cure de désintoxication, lui avait caché qu’il était encore marié ?
Les Américains se délectent des avatars de cette proie facile sans éprouver aucune compassion. Issue des classes moyennes du Mississipi, Britney était un modèle de réussite sociale et adulée comme tel. Mais quand la star devient indigne de l’affection qu’on lui porte, elle perd tout son crédit et l’Amérique soupire. Elle ne méritait donc pas que l’ascenseur social l’élève si haut puisqu’à travers son exemple, c’est tout un modèle de réussite qu’elle a oser bafouer. Si l’Amérique ne chérit guère les perdants, elle déteste plus que tout les pauvres petites filles riches pleurant leurs rêves brisés.
Stéphane Bern
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Commentaires (1)
alicia25 | il y a 9 mois
c'est dingue ce phénomène quand même. Plus on est au sommet de sa gloire, plus on est tenté de tomber dans la débauche et de tout gâcher. Comme si la notoriété trop importante des stars étaient néfastes pour leur santé mentale.