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Fantasmes : faut-il préserver le mystère ?

Question de Magénération, publiée le 21 mars 2008 à 15h23

gettyAdepte des fantasmes, ils sont pour moi le garant d’une vie sexuelle épanouie. Il n’est pas forcément nécessaire de passer à l’acte mais il est indispensable d’entretenir sa fantasmatique pour maintenir notre libido en bonne santé. Pourtant, bon nombre d’entre nous les ignorons, pensant même, en toute bonne foi, qu’ils en sont dépourvus. J’aime faire ce parallèle avec les rêves : combien de personnes sont persuadées qu’elles ne rêvent jamais. Tout simplement parce que, dès leur réveil, une censure s’établit effaçant tout souvenir qui pourrait compromettre l’équilibre psychique.

Or, nos fantasmes sont parfois endormis mais, ils peuvent se réveiller à des moments imprévus. Lors de la vision d’un film, la lecture d’un livre, lorsque quelqu’un nous parle de son expérience sexuelle ou : lorsque notre partenaire évoque son fantasme. Merveilleux si c’est aussi le notre et que grâce à ses confidences, il aura exciter notre libido. Nous pourrons alors sans plus attendre, nous retrouver sous la couette pour mettre en pratique un scénario nouveau évidemment terriblement aphrodisiaque. Malheureusement, ce tableau idyllique ne se réalise pas si souvent que ça.

DRLa plupart du temps, nos fantasmes ne coïncident pas tout à fait avec ceux de notre partenaire et si nous lui parlons de but en blanc, il risque d’être surpris, voire choqué par cette partie de nous qu’il ignorait et qu’il ne veut sûrement pas connaître. Voilà pourquoi il est si important d’aborder les fantasmes avec prudence. Surtout s'il s’agit d’un fantasme particulier car bien sûr, il y a fantasmes et fantasmes. Rêver que notre partenaire porte un soutien gorge en dentelles noires cela, vous en conviendrez, reste assez soft mais désirer participer à une orgie avec toute une équipe de rugby, c’est déjà nettement plus hard et je ne parlerai pas des fantasmes de scatologie ou de sado masochisme.

Pourtant, certaines personnes deviennent obsédées par leur fantasme et afin de se libérer de cette obsession angoissante, ils harcèlent leur partenaire afin que celui-ci ou celle-ci les aide à se soulager. Ce comportement a toutes les chances à la longue d’aboutir à la rupture. Notre partenaire est un sujet à part entière et il n’est pas l’objet destiné à satisfaire nos désirs fantasmatiques quelque ils soient. La sexualité entre deux personnes doit répondre à un critère un peu trop souvent négligé, seules les pratiques désirées par les deux partenaires peuvent être réalisées. Le couple doit se retrouver sur le terrain commun de leur sexualité et ne jamais imposer à l’autre les fantasmes qui ne le concernent pas.

Donc, parler de ses fantasmes c’est risquer de franchir la ligne jaune.
Mon conseil : avant d’en parler, soyez à l’aise avec votre fantasme et proposez-le à votre partenaire en lui laissant l’opportunité de vous dire non. Si vous êtes au clair avec vous-même vous comprendrez son refus et si c’est oui, soyez sûr que cela vous apportera un plus de le réaliser ensemble. Enfin, il y a parfois moyen de négocier chacun acceptant pour faire plaisir à l’autre une fantaisie sexuelle !


Brigitte Lahaie pour Magénération



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