La maîtrise tricolore
Publié le 20 août 2008 à 7h26 par LAURENT DUYCK
L'équipe de France a parfaitement géré son quart de finale olympique, mercredi, face à la Russie (27-24). D'entrée de jeu, les coéquipiers de Thierry Omeyer ont pris les devants pour ne jamais se faire reprendre. Solides en défense, appliqués en attaque, les hommes de Claude Onesta ont vengé les féminines. Ils sont désormais en demi-finale et semblent très forts.
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Il y avait comme un parfum de revanche qui flottait mercredi dans le gymnase OSC de Pékin. Les litres de sueur abandonnés la veille par les filles d'Olivier Krumbholz, tombées la tête haute et les armes à la main face à la Russie, ne s'étaient pas complètement évaporés à l'heure où les messieurs se présentaient à leur tour en quart de finale du tournoi olympique face à la... Russie. Mais quatre ans après Athènes où ils s'étaient déjà affichés avec le statut de favoris, les Français ont cette fois «maîtrisé le sujet», comme le dira Nikola Karabatic, pour battre les Russes (27-24) et atteindre le dernier carré de la compétition.
Echaudés, les protégés de Claude Onesta savaient que rien ne leur serait offert par cette équipe de Russie. Concentrés à souhait, comme le café pris par certains le matin pour être à la salle à midi, les Bleus font une entame de rencontre sérieuse. Il faut un bon quart d'heure pour que ce match bien serré ne se décante. Et comme souvent, la solution vient de Thierry Omeyer qui, derrière le filtre imposé par Didier Dinart et compagnie, est venu « sucrer » les efforts de sa défense. Un arrêt de l'Alsacien, suivi d'un penalty d'Olivier Girault, venu au relais dans ce domaine de Nikola Karabatic en échec en début de match sur Oleg Grams, suffisent pour que la France creuse un premier écart (9-7, 17e,).
Dès lors, les Russes vont boire la tasse. Alors que les supporteurs français, accompagnés de Jérôme Fernandez reconverti en chef d'une meute de sportifs tricolores (Leveaux, Metella et les frères Guénot pour ne citer qu'eux), entament un "On va les bouffer" un brin provocateur mais pas loin d'être annonciateur, Cédric Burdet, à la passe, et Luc Abalo, à la finition, se chargent de mettre la prédication en application avec un kung-fu spectaculaire (22e, 10-7). Comptant jusqu'à cinq buts d'avance à deux minutes de la pause, cette équipe de France pourra juste regretter de n'en avoir perdus deux sur le chemin des vestiaires (30e, 13-10).
Une statue pour Narcisse
Deux unités que les Bleus, heureux de bénéficier du soutien de la famille olympique, reprennent d'entrée de seconde période avant de débuter un temps faible, l'une des conséquences de l'absence de Jérôme Fernandez qui prive les arrières d'une rotation, qui permet notamment à la Russie de revenir à une longueur. "On s'est fait peur", reconnaît Luc Abalo, auteur d'un sans-faute en première période, pour terminer la rencontre avec sept buts à son compteur. "Mais c'est le handball, la difficulté est de savoir gérer ce temps faible pour qu'il soit court."
"On a su trouver des solutions en équipe", souligne Omeyer qui, auteur de 11 arrêts (sur 33 tirs russes soit 33% de mises en échec), confirme par ces propos l'impression dégagée par cette équipe, ces regards qui ne trompent pas, ces défis permanents lancés par les Bleus à leurs adversaires, à l'instar de ce petit coup d'épaule de Girault sur son garde du corps. "Il y avait un défi physique à gagner face à ces Russes qui, à tous les postes, sont plus costauds que nous. Ça veut dire qu'ils sont plus grands, plus lourds, ils tirent fort et de loin, ils défendent bien, donc il fallait les bousculer", détaille le capitaine des Bleus avant de faire l'éloge du trio magique du jour: "On a eu un Narcisse, un Abalo et un Omeyer de qualité top mondiale. Et pour gagner des matches comme ceux-là, il faut de l'excellence."
Lancée dans une opération de la dernière chance et revenue à -1 à moins de dix minutes de la sirène (51e, 22-21), la Russie trouve en effet dans les airs un Daniel « Air France » Narcisse sur un nuage. Le Réunionnais, "costaud à ce moment-là dans sa tête, dans ses jambes et dans son bras", appréciera Claude Onesta, envoie alors deux missiles dans la cage russe pour propulser la France sur orbite avant de conclure cette rencontre d'un nouveau kung-fu, apothéose du feu d'artifice tiré par les Bleus.
"C'est une équipe qui vit bien, qui a joué ensemble aujourd'hui autant en attaque qu'en défense, confirme Girault. On peut être heureux de cette victoire mais on n'est seulement heureux d'avoir passé ce premier cap. Parce que pour l'instant, on n'a encore rien accroché autour du cou. Pour une fois qu'on est en demie, on va essayer de ne pas se gâcher la fête. (...) Les titres et les médailles, ça se mérite". Et rien ne dit que les Croates ou les Danois, futurs adversaires des Bleus à l'affiche de la finale du dernier Euro, ne le méritent pas autant que les Français.
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