La vérité sur l'écotourisme : rêve ou réalité ?
« Mettez-vous au vert », voici le nouveau credo du secteur du tourisme. Face aux problèmes liés à l’environnement, le tourisme responsable a depuis quelques années le vent en poupe. Décliné, il est éthique, durable, équitable… Aujourd’hui, l’écotourisme apparaît comme LA solution à de nombreux problèmes. Mais qu’y a-t-il vraiment derrière cette porte verte ?
L’écotourisme en 4 points
Tout le monde a sa petite idée et pourtant, difficile d’être précis sans être compliqué. A moins que ce ne soit plus simplement un état d’esprit vertueux ou une démarche. Une chose est sûre, sa définition universelle est encore à formuler. Cependant, il est possible d’en souligner les contours.
L’écotourisme reprend les principes du développement durable en ce qui concerne les impacts de cette activité sur l’économie, la société et l’environnement :
Il est pratiqué dans les zones naturelles de grand intérêt.
Il contribue à la valorisation et la protection du patrimoine naturel et culturel.
Il inclut les communautés locales et indigènes.
Il se prête mieux aux voyages individuels qu’aux voyages de groupe.
Une législation encore à faire
La première année mondiale de l’écotourisme a été déclarée en 2002 par les Nations Unis. Malgré cette manifestation sincère d’envergure, le milieu du tourisme comme le consommateur restent dans le flou. Particulièrement en France où le pays accuse un vrai retard en comparaison avec les pays de tête comme le Costa Rica.
Principale difficulté à l’accostage sur les côtes du tourisme durable : la validité des labels. La plupart sont autoproclamés et l’écotourisme n’y déroge pas. En l’absence d’encadrement, chacun est libre de se constituer en association et revendiquer une approche « écotouriste. » Un certain consensus s’est bien établi autour de valeurs et de principes, pour la suite place à la responsabilisation.
De plus, aucun programme de certification actuellement ne garantit la qualité des prestations et mesure l’efficacité des efforts entrepris. Prudence donc.
Les limites du tourisme vert
Même si pour l’instant le marché ne représente qu’1% du secteur, sa croissance de 20% en fait une niche porteuse. Impossible de ne pas y être.
Mais en l’absence de réglementation claire, certains prestataires sans scrupule s’engouffrent dans la brèche. Ils profitent ainsi du label vert pour contourner la réglementation et pénétrer des sites naturels protégés, interdits aux projets touristiques classiques.
Surprise, une fois le site naturel investi, les structures d’accueil ne correspondent pas aux critères de développement durable. Lorgnant plus facilement vers le tourisme de charme ou de luxe, elles se dotent de prestations en parfait désaccord avec le lieu. Surconsommation d’eau et d’électricité, gestion aléatoire des déchets…
Autre débat, celui autour du transport, la plupart des voyageurs privilégiant l’avion, reste ouvert. En l’absence de solution aujourd’hui viable pour les trajets longue distance, la responsabilisation du consommateur est de rigueur.
A vous de choisir s’il faut limiter ses déplacements, les distances ou même les deux. A moins que la pénurie d’énergie ne coupe rapidement court à la discussion.
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